lundi 25 mai 2009

Moi aussi je sais faire de l'italique

Tu sais quoi ?
J'ai connu Coupat.
Lui-même.

En fait, non, je l'ai juste croisé, dans une assemblée sauvage et prolongée, à Jussieu. Des chômeurs dont la revendication n'était pas de travailler, mais de vivre.
C'était déjà un post-situationniste. Pas con et aimant les écrits tendant à l'emphase, donc.

Ce qui me frappe, dans son histoire, c'est qu'au fond, on l'accuse d'avoir écrit un livre anarchiste. Aucune preuve ne le relie à l'attentat. Il passait par là. "wo, toi, je te reconnais, t'as un sale communisss, allez, embarqué".

C'est le livre et ses idées qui sont en cause. Au départ, Coupat, l'Etat s'en fout.
Le livre, je l'ai acheté, ça fait plus chic qu'un t-shirt du Che, et puis je suis un super-bobo-intello-précaire, le coeur de cible en personne.
Toute l'affaire consiste à mettre une pensée au pilori. Pas parce qu'elle est ennemie de l'autorité : il y a depuis longtemps dans l'arsenal judiciaire et policier de quoi enfermer tout ce qui ne se contente pas de voter contestataire. L'intérêt de l'état, c'est de se servir du bouquin comme incarnation de l'ennemi ("Anarcho-autonome", "ultra-gauche"). Désigner l'ennemi, le nommer, c'est le décrédibiliser. On fait entrer ce mouvement dans le cirque médiatique, et il est sensé perdre sa capacité à vivre sans celui-ci : "alors, dites-moi, Robin des Bois, quel est votre avis sur la politique du Sherif ?".
L'interview que j'ai linkée ne joue pas le jeu. Pas ce jeu. Coupat, tu le connais pas. Tarnac, vas-y toi-même. L'ultragauche ? documente-toi. Le bouquin ? Je l'ai pas signé, lis-le.
Cette logique qui sort du cadre est à suivre.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

En tous cas, trois jours après, ton lien vers l'interview ne fonctionne plus...

Siestacorta a dit…

Corrigé. Mais comme le Monde fait payer l'accès aux archives... Peut-être que l'entretien sera mis à dipo ailleurs.