jeudi 2 juillet 2009

Quand t'es dans le désert HD

Déjà, j'avais trouvé ça moche sur l'affiche. Ca me faisait penser au Diamant du nil, et à des tas de films d'aventure, avec un héros en polo qui tient une fille par la main, et derrière, un paysage exotique et un grand méchant.
Ca semblait con, comme affiche, le décor egyptien de Transformers II me paraissait survalorisé par rapport au centre de l'histoire.
Je me trompais.
C'est con, mais ça correspond.

L'Egypte est justement un décor. Les dromadaires et le sable chaud sont en pur carton de studio. C'est une warzone pour de faux.
Ca gêne un peu. L'armée U.S est sur représentée dans le film. Aussi présente que les robots. Des figurants gratuits, comme dans les superproduction en costumes chinoises. Memes moyens, même but. L'armée U.S est aussi balèze que les robots, elle résiste super bien à leurs attaque, et d'ailleurs j'ai eu du mal à distinguer le point de vue des "prédators", les biens rééls avions de repérage sans pilote, du point de vue d'un robot fictif...
Du point de vue du film, c'est normal que les marines se baladent au moyen-orient. Avant ils étaient dans la jungle vietnamienne. Bientôt, ils feront du ski. Il s'agit de sauver le monde des aliens, alors, le pays où on se bagarre, c'est un fond d'écran. Le pentagone doit voir le monde de cette manière.
Et puis il y a ce grain de film très haute définition, qu'il y a déjà dans Black Hawk Down, et dans tous les clips de recrutement pour toutes les armées... Ce grain met extraordinairement bien en valeur les équipement guerriers, tout est si précis.

C'est donc de la propagande militariste, et ça fait pas d'effort pour s'en cacher. Comme on a payé pour le voir, on devrait n'en avoir rien à foutre. Et donc... donner son assentiment à ce contenu (qui ne dit mot consent, qui dit "mais non t'es parano c'est pas la peine de se prendre la tête" veut carrément se faire tout le régiment).
Autrement dit, refuser d'aller voir le film à cause de ça, c'est un droit démocratique, puisque la démocratie c'est cause toujours. Aller le voir et percevoir ça, c'est aussi cause toujours, mais avec panache. Et le panache, c'est français, c'est bon, mangez-en.

Autre remarque : il y a des morts dans le blockbuster de l'été.
C'est des morts de la faute des méchants. Mais on voit des cadavres (pas beaucoup, d'accord). C'est curieux, ça. De Terminator II, où la machine de guerre ultime obéit à la directive infantile "faut pas tuer les innocents même s'ils nous attaquent" jusqu'à Spielberg qui en rééditant E.T remplace numériquement les flingues du FBI par des talkie-walkies, il y a eu 20 bonnes années d'hypocrisie sur la violence des blockbusters... Je ne sais pas trop pourquoi on est en train de passer ce stade.

Enfin, une des multiples incohérences scénaristiques : pendant tout le film, on voit un Decepticon phagocyter un satellite de l'armée, donner les infos secrètes et émettre l'ultimatum alien à toute la planète. Et à la fin... on l'oublie. On en reparle plus (préviens moi si j'ai raté un truc du générique). Donc en théorie, le méchant robot est toujours en train d'émettre la propagande ennemie.
C'est exactement ce que je disais.

(va pas croire que je fais mon malin pour cacher ma honte de consommer. Les armes, les robots qui se tapent dessus, les effets spéciaux qui bouffent le budget scénario, les filles puputes qui se déhanchent même sans bouger, c'est hawsome, ça sent le fanta jusque dans le coeur des pop-corns. Je n'ai aucune honte. Siestacorta sin verguenza. Je cause quand même. Appelle ça réfléchir ou radoter : je peux pas m'en empêcher, voilà tout. Je déteste qu'on crache dans la soupe sans avouer qu'on a bien aimé la boire.)

2 commentaires:

Benjamin L a dit…

Il n'y aurait même pas un petit côté second degré au film qui lui donnerait un espèce d'arrière goût du sel de Starship Troopers, par exemple?

Siestacorta a dit…

Si c'est le cas j'ai pas vu du tout.

En même temps c'est Michael Bay, s'il se mettait au 2nd degré, on en aurait parlé dans les journaux...