vendredi 3 septembre 2010
Le courage des corbeaux
Ca rate jamais : à chaque fois qu'un film américain évoque la Bible, bum, t'as au moins trois articles qui dénoncent la propagande et considèrent en conséquence son scénario comme idiot. Quand un américain te regarde d'un oeil pénétré et te dit "Jesus nous sauve", c'est nécessairement un débile congénital ou un émule de Torquemada. Ou un truc dangereux quelque part entre les deux.
La Foi est un sentiment.
Pas plus con que le désir de faire de la maille, celui d'honorer ses ancêtres, l'affirmation de soi, l'amour romantique ou le sentiment d'être un citoyen du monde. Pas pire et pas meilleur. Un sentiment, qui te mène parfois à des trucs bien et assez souvent à des trucs vraiment cons. Tout comme les autres, un sentiment construit, formaté, marque d'une culture. Mais en France, on a la laïcité, on a fait la révolution, Molière nous as expliqué Tartuffe dès la 6ème, héhé, on est trop forts.
Hm, et on en fait quoi de bien, de cet esprit libre ? Ca nous mène vers quels sommets ?
Le petit malin qui me pontifie que les héros américains citent trop la Bible, il a quoi dans le ventre ? Généralement une bouillie fadasse, sans plus de saveur que l'hostie qu'il feint de vomir.
Ce genre d'athéisme, c'est au sens critique ce que les courriers du coeur sont au féminisme. Ou ce que le ketchup est à la tomate. Un sploch.
(Ca sonne tellement bien que je peux me dispenser d'être clair)
vendredi 12 juin 2009
Encore de la plitic.
Et la politique, tout le monde s'en fout. La politique, c'est devenu comme n'importe quel courant musical, un micromonde que personne ne suit parce qu'essayer de se taper toutes les références pour si peu de bons moments, c'est pas très engageant. (ce serait un genre musical proche du Hair Metal : moche, kitsch, daté, beaucoup de bruit pour rien)
Tout ça pour dire que la journée de manif de demain, samedi 13, sera un triste fiasco. La stratégie une manif' tous les 2-3 mois, c'est exactement à ce point qu'elle devait et voulait arriver.
Curieusement, lors de mes contacts avec le bon peuple, je tombe régulièrement sur des pubertaires. Je veux dire, presque aussi souvent que lorsqu'on pouvait (avec un peu de mauvaise foi) me compter dans leurs rangs.
Aujoud'hui, je ne les cherche pas (j'ai pas le moral, et c'est une des plus mauvaises raisons de militer, la dépression), mais j'en aperçois souvent. Ils me hérissent un peu moins que les apolitiques de mon lycée et de mes facs, tous prêts à être déçus par Sarkozy ou à croire que Royal renouvelait quoi que ce soit. Un peu moins, mais pas beaucoup. C'est toujours du prémaché qui sort de leur bouche. Ou de leur clavier. Il n'y a pas de pensée unique : il n'y a pas de pensée du tout.
Mais... qu'une partie visible du troupeau se tourne vers l'anarchie - une partie du troupeau nanti (je vis à Paris) - quand la déliquescence du monde se poursuit de moins en moins lentement, je le vois comme un épiphénomène significatif. Si c'était les habituels 5 % de mécontents chroniques, je les aurai pas entendu.
J'espère que la suite sera amusante... C'est pas gagné.
lundi 25 mai 2009
Moi aussi je sais faire de l'italique
J'ai connu Coupat.
Lui-même.
En fait, non, je l'ai juste croisé, dans une assemblée sauvage et prolongée, à Jussieu. Des chômeurs dont la revendication n'était pas de travailler, mais de vivre.
C'était déjà un post-situationniste. Pas con et aimant les écrits tendant à l'emphase, donc.
Ce qui me frappe, dans son histoire, c'est qu'au fond, on l'accuse d'avoir écrit un livre anarchiste. Aucune preuve ne le relie à l'attentat. Il passait par là. "wo, toi, je te reconnais, t'as un sale communisss, allez, embarqué".
C'est le livre et ses idées qui sont en cause. Au départ, Coupat, l'Etat s'en fout.
Le livre, je l'ai acheté, ça fait plus chic qu'un t-shirt du Che, et puis je suis un super-bobo-intello-précaire, le coeur de cible en personne.
Toute l'affaire consiste à mettre une pensée au pilori. Pas parce qu'elle est ennemie de l'autorité : il y a depuis longtemps dans l'arsenal judiciaire et policier de quoi enfermer tout ce qui ne se contente pas de voter contestataire. L'intérêt de l'état, c'est de se servir du bouquin comme incarnation de l'ennemi ("Anarcho-autonome", "ultra-gauche"). Désigner l'ennemi, le nommer, c'est le décrédibiliser. On fait entrer ce mouvement dans le cirque médiatique, et il est sensé perdre sa capacité à vivre sans celui-ci : "alors, dites-moi, Robin des Bois, quel est votre avis sur la politique du Sherif ?".
L'interview que j'ai linkée ne joue pas le jeu. Pas ce jeu. Coupat, tu le connais pas. Tarnac, vas-y toi-même. L'ultragauche ? documente-toi. Le bouquin ? Je l'ai pas signé, lis-le.
Cette logique qui sort du cadre est à suivre.
samedi 21 mars 2009
awouawouawoua-cratie ! aweuweuweu- cation ! non-non-non...
Beaucoup de monde derrière le banderoles.
La part la plus importante d'une expérience de militance, c'est après une action. S'apercevoir que des idées, de la protestation, rien ou presque n'est remonté jusqu'à la surface médiatique.
Concrètement, il y avait plus de gens mobilisés, le mouvement est populaire, mais ça bouge pas, et ça ne semble pas être le début d'un changement, même au bête niveau socio-démocrate. Les partis pensent aux élections européennes. Comment je pourrai me sentir concerné si eux passent à peine 2 secondes à parler d'un mouvement important ?
Et les syndicats, en plein succès des manifs, donnent jusqu'au 30 mars au gouvernement pour réagir, et tappent le carton en attendant.
On évoque le 1er mai comme rassemblement.
Je sais pas, moi, je trouve que les forces progressistes ont le vent en poupe. Déconfiture financière, succès du mouvement des dom-toms, popularité, salariés du secteur privé qui se bougent, Sarko qui se planque...
Non, on en profite pas ? C'est là qu'on sent que la plupart des syndicats ne sont pas des agents de changement, mais bien des garants de l'orde social.
Ca donne envie d'aller voir SUD...
Au fait, pour rester dans le bain, ya une manif samedi en écho au G20, avec la gôche qui n'en veut...
J'ai des doutes, mais ce serait marrant qu'ils soient plus nombreux que prévu.
Ca donnerait l'impression qu'on a compris une partie de l'enjeu de la crise...
lundi 19 janvier 2009
Dédouanement de l'importation de la haine
Le plus fort, à la rigueur.
Si, si, quand même.
Les musulmans sont nombreux, les musulmans refusant l'existence d'Israël aussi.
Mais le nombre ne suffit pas. Ou alors les U.S ont gagné sur l'U.R.S.S et les régimes communistes par simple coup de bol.
Donc, position primaire du gauchiste, avant même relevé des identités : je suis du côté du plus faible. C'est manichéen, mais je me sens assez à l'aise là-dessus.
Là ou par contre je peux discourir sans me sentir l'air aussi crétin, c'est sur la réthorique défensive de ceux qui justifient ou cherchent à nous faire comprendre l'action de ce pays.
"Han, pourquoi ça vous intéresse, hein, parce que c'est des juifs, hein, c'est ça ?"
Ben... Si on part du principe que l'histoire des juifs fait partie de l'identité occidentale, déjà, oui.
Mais honnêtement, c'est surtout parce qu'Israël est une démocratie, moi, que ça me choque. "Si on balançait des roquettes sur Marseille, vous feriez quoi ?"
Nous ? Nous les gauchistes alcooliques ou nous les français ? Nous les lâches qui fuiraient n'importe quelle front armé, ou nous le Peuple Français et Patriote ?
Dans une démocratie, le désaccord interne serait fort. Comme il l'est devenu quand les U.S sont allés bombarder l'Irak. Ca a mis le temps, d'accord. Mais oui, ça gueule, c'est pas tous comme un seul homme derrière les conscrits (joli mot, tiens...).
Donc, pourquoi ça choque, alors que les morts du Rwanda, de la Turquie, ils sont nombreux aussi, ils comptent moins ? Non, mais on se dit qu'entre peuples sous dictatures, la déception ne peut être la même. Dans une démocratie, on s'attend à entendre plusieurs opinions contradictoires à l'intérieur de la nation. Des lâches comme Bardamu, des va-t-en guerre comme Chuck Norris, des indécis...
Ce qui se publie en France au nom d'Israël sonne plus unitaire.
Pourtant, c'est une démocratie.
Donc on se sent interpellé, les opinions échauffées. Comme quand c'est l'amérique qui tappe l'Irak. Ou quand elle soutenait les dictateurs sud-américains.
On gueule. Rien à voir avec l'identité communautaire du pays.
Ca veut dire que les démocraties devraient être faibles et désarmées ?
Eh ben ça, c'est une question qui mérite d'être posée, non, par exemple ? Comment différencier pacifisme et non-violence, au niveau d'un Etat ?
Mais cette question, non, hein, c'est sans intérêt, ce qu'il faut savoir c'est si oui ou non j'aime les juifs.
Yen a des biens, comme dit Didier Super.
Personnellement, je trouve qu'il y en a de très belles (1), qu'il y en a de très brillants, et que sans ceux-là mon monde serait moins beau et moins intéressant. Probablement de façon plus notable que si c'était les danois qui manquaient au tableau.
Ayé, j'ai le droit de dire que néanmoins, Israël pourrait aller plus loin dans son travail démocratique ?
(voilà, heureusement que personne ne m'écoute).
(1) j'insite sur ce point : les métisses, c'est beau. Et séfarades comme ashkénazes ont des sang très métissés. Oh, je distingue pas comme ça une turque d'une grecque (coucou Samaïn...) ou d'une séfarade. Je ne sais pas si c'est impossible ou si c'est une question d'expérience. Mais n'empêche, dans les quartiers de Paris à forte population juive, je mate. Et quand en plus elles se mettent à faire des études littéraires je bave. D'accord, c'est du fantasme.
mardi 14 octobre 2008
Lu nulle part
Parce que moi, non, et pourtant, je suis quand même un peu...
La crise financière démontre l'absurdité du système dans lequel elle intervient : de 'enrichissement sur les chances futures de richesse.
La crise écologique elle aussi découle d'une absurdité logique : la production de richesses ne peut se faire à l'infini, puisque la matière première, c-a-d la Terre, est un produit fini. Même en comptant ses habitants, forêts, animaux.
Dans les deux cas, le problème est qu'une communauté de décideurs se représentent le monde sous la forme d'un mélange de roulette et de excel.
Une idée, ce serait d'avoir une assemblée, un pool, un mégalojury de citoyens, de non-spécialistes, dont le rôle serait de définir, problème par problème, ce qui est pragmatique, terre à terre, ou ce qui sort de l'usage simple de la raison. A tant de % de "je n'ai pas du tout compris pourquoi telle partie de la société fonctionne comme ça", une raisonnabilisation du problème serait demandée. Le mégalojury n'étant pas compétent pour définir cette politique, simplement pour définir le moment où elle perd toute logique.
En fait, ce serait mettre du Illitch dans la perception du monde. Si suels quelques spécialistes peuvent accéder à tel savoir ou telle technique, alors elle ne peut logiquement pas servir tout le monde, elle doit donc être perfectionnée.
jeudi 26 juin 2008
Le camp des méchants
Ca va ça vient... Je réponds sans conviction à un nombre réduit d'annonces, j'ai la plupart du temps pas envie de me remettre au turbin. Comme j'ai un moral plutôt bas, je m'emmerde, et ne profite même pas de mon temps libre. Le chômage blues normal, quoi.
Drift-Raff
Tu connais la Nouvelle Droite ?
C'est un groupe ou mouvement intellectuel. Ca doit peser à peu près pareil que Socialisme ou barbarie à gauche.
J'ai découvert ça dans la revue Elements, elle même issue de l'association GRECE.
Tout ce petit monde a un passé pas éloigné de l'extrême droite, et certaines idées sulfureuses, comme l'ethno-différencialisme font sortir les dents des gens du camp des gentils.
Mais voilà. La Nouvelle Droite serait aussi anticapitaliste, antiraciste, anticatho... De fait, droite, gauche et médias consensuels les détestent équitablement.
Il s'agit plutôt d'une boîte à d'idées dé-labellisées, dont Alain De Benoist serait le mécano principal.
On trouve un goût un peu conservateur pour l'histoire, des appels du pieds vers la gauche altermondialiste, des références un peu rosicruciennes, et surtout, de la bonne culture bien consistante comme on en trouve plus hors des revues destinées aux enseignants-chercheurs.
Aveu : je suis séduit par ces travaux.
Ces idées sont lyriques... Et ça manque tellement. Ce n'est pas un hasard si dans le passé tourmenté de la Nouvelle Droite on croise le réalisme fantastique de Pauwels, et autant de questionnements sur le religieux. Mon moulin à moudre le paranormal et le plus grand que nature y trouve du grain.
Ca c'est la raison "honteuse".
La raison présentable, c'est que ce corpus d'idées bouillonne plus que le plat pays de l'égalitarisme. Et qu'il a 100 bornes d'avance sur les idées politiques débattues ordinairement. Voilà pourquoi je préfèrerai toujours cent fois lire Dantec ou Vaquette à Val ou Onfray (tous référents plus classiquement gauchisss). Même si en pratique, je vis plus proche des médiocre seconds, l'emballement violent des premiers me stimule bien autrement.
Pour moi, la Nouvelle Droite, c'est plus intéressant à écouter que les discours ordinaires du camp des gentils. Je serai ravi de trouver un équivalent de mon côté : ce qui se publie à gauche est déprimant, castrateur, catéchisant, ou d'un républicanisme dont l'idéalisme dissimule mal un élitisme réactionnaire simpliste.
vendredi 6 juin 2008
Il va falloir tenir parole
30/05/08
Cher Ray Zo,
Journal :
J'ai dis à plusieurs personnes que je n'irai plus bosser dès lundi, mettant ainsi en route mon licenciement pour abandon de poste. Maintenant reste plus qu'à appliquer.
Ma situation n'est pas intenable au point que je fuie à tout prix mon lieu de travail.
Mais mon employeur laisse pourrir la situation, et plus d'un mois après m'avoir convoqué ne me donne toujours pas de date de fin de contrat officielle. Un jour on te dit que t'es trop naze pour faire un boulot, mais on te garde quand même jusqu'à ce qu'on trouve un remplaçant. Et on prend son temps pour le trouver, il y avait urgence à me faire remarquer mes moindres retards de 5 minutes, mais faire efficace pour autre chose que le client, houlaaa.
J'ai attendu un mois, pour rester "à mon sens" honnête, mais j'ai pas plus envie que ça d'être conciliant avec une boîte qui ne me respecte pas. Qui il y a encore une semaine me demandais de faire des remplacements de dernière minute, sur des horaires plus gros que les miens. J'ai fait mes preuves en matière de souplesse, là.
Mais c'est pas si facile de camper sur ces positions. Quand on est pas une main d'œuvre qualifiée / vendable, on a presque l'impression de faire quelque chose d'illégal en partant comme ça. Et puis il y a effectivement un usage coercitif de la rétribution : si on se barre, on sait qu'on aura un temps de carence sans salaire ni chômage. C'est d'ailleurs pour ça que je choisi de partir à peine ma paie tombée.
Il faut avouer que, dès le départ, un contrat de salaire n'est pas équitable précisément pour cette raison. On est payé après avoir accompli le travail, donc on fait crédit à l'entreprise, puisqu'on lui apporte une valeur pendant un mois sans contrepartie immédiate.
C'est logique pour des travaux ou des échanges ponctuels, on montre d'abord la valeur de ce qu'on donne et on est rétribué ensuite. Mais sur une activité continue, de long terme ? Pourquoi l'employeur peut-il bénéficier chaque jour de sa part de richesse quand l'employé attend la fin du mois ?
Il y a bien sûr des raisons pratiques, comptables. D'accord. Mais ce fonctionnement reste moralement déséquilibré. Et il l'est encore plus quand le contrat est rompu, puisqu'au moment où on arrête de travailler, l'entreprise nous doit encore le temps passé depuis la dernière paie. On a déjà donné sa part de l'échange, mais l'employeur n'est pas plus contraint que d'habitude de remplir sa propre part. Il est donc à ce moment dans une position de force injustifiée. Position qu'il utilise comme menace implicite : "si tu te barres, tu vas en baver double : plus de garantie pour ton avenir proche, mais pas non plus pour ton présent, parce que le fric je te l'envoie à mon rythme, et c'est pas moi qui vais avoir l'air con avec ma carte bleue refusée". C'est ça que j'entends par "usage coercitif de la rétribution".
L'autre difficulté de la situation est le regard extérieur : mon entourage raisonnable peut ne pas comprendre que je choisisse de partir quand je pourrais rester encore quelques temps et gagner quelques sous en plus.
Une fois encore, je vais profiter de mon petit privilège de "toit sur la tête" et d'assurance survie, pour faire si nécessaire la soudure entre la paie et les assedics. Je trouve que ça se justifie, même si une part de moi se sent mal, énonçant ataviquement "tu fais une connerie".
Tu peux toujours dire que je suis un rêveur. Mais je ne suis pas le seul.
samedi 24 mai 2008
Territoires plus ou moins enchantés
Cher Ray Zo,
Journal :
Toujours sous le joug de la pression due à la présence familiale.
Par ailleurs, mon employeur, après m'avoir signifié que j'étais licencié, m'avait demandé de rester en attendant de me trouver un remplaçant. Et ne l'a toujours pas trouvé au bout de deux semaines. Je trouve la chose un peu cavalière, d'autant que je serai vraiment heureux de passer quelques temps au chômage, pour respirer.
Bref, je passe d'états d'abrutissement et de lassitude extrême à l'irritabilité la plus désagréable. Des envies vengeresses d'envoyer plein de gens dans l'océan (salariés de l'entreprise, usagers du métro), ou sur la Lune, un endroit lointain d'où je ne les entendrais pas.
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Un souvenir : la première image effrayante et marquante, j'ai dû la voir dans une église. Sur un vitrail, des anges armés, aux visage sereins, maltraitaient des gens, ou les piétinaient.
En lecture :
Jonathan Strange et Mr Norell, gros pavé divertissant de Susanna Clarke. Ton très anglais, souvent plein d'une ironie amusée. Narratrice extra-diégétique cordiale. Récit à tiroirs, plusieurs contes enchâssés dans les chapitres du roman, souvent sous forme de notes de bas de page de plusieurs pages elles-même. Cadre "gothique" de l'angleterre du XIXème, entrée progressive de la magie, sur le mode du merveilleux.
Drift-raff :
Protectionnisme. Le mot n'est pas très engageant. On s'imagine de douaniers dans des miradors blindés, veillant au travers de meurtrières exiguës sur des frontières fortifiées, recroquevillés dans la crainte qu'un étranger s'adresse à eux dans un patois guttural pour essayer de leur vendre des légumes pleins d'asticots.
Alors que bon. Non.
Le protectionnisme change de sens en fonction de la communauté à laquelle il s'applique (un pays, une alliance commerciale, une région…) et surtout de son domaine d'application.
Par exemple, favroiser un marché commun de la bouffe en Europe, en défaveur de l'importation de céréales ou de fruits et légumes étrangers, ça aurait un peu de sens.
Des fraises qui n'auraient pas fait plus de deux mille bornes pour venir, qui utiliseraient moins de gasoil cher au litre et tout polluant… S'arranger pour faire pousser près de chez soi une partie importante de ce qu'on consomme, au lieu de faire d'immense champs d'un seul machin qu'on arrivera pas à exporter finalement.
Mais l'agriculture intensive demeure le modèle dominant, favorisé par les aides de l'Europe. Et dans les formations spécialisées, c'est un dogme, on ne propose pas d'autres alternatives.
Ca doit venir d'une fascination pour les gros chiffres : 100 quintaux de blé doivent plus stimuler l'entrepreneur que 33 de trois plantes différentes…
Je connais mal cette partie de l'économie, mais intuitivement, je crois que le marché n'a pas favorisé le bon sens dans ce domaine… Je serai intéressé par toute vulgarisation bien foutue dans ce domaine…
Nan mais sérieux. Le prix de la bouffe devient inaccessible, vraiment. 44 % du budget des ménages pauvres passe dans le loyer, l'électricité… Plus le ménage est pauvre, moins il reste de quoi bouffer, et j'imagine que plus le loyer montre, plus il y a de gens qui ne peuvent pas en payer un. J'ai la sensation que le paradoxe entre une économie riche et des besoins basiques inassouvis (nourriture, loyer, environnement non-apocalyptique) se fait plus visible, que la limite du système est sensible.
Tu peux toujours dire que je suis un rêveur. Mais je ne suis pas le seul.