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lundi 1 avril 2024

Bleep

Cher réseau, 

une lectrice m'a demandé des nouvelles. C'est inattendu. Merci à elle.
En écho à cette entrée d'il ya treize ans je fais un point, d'où il ressort que je me sens plutôt moins mal, qu'une ou deux choses significatives ont avancé mais que beaucoup pas.

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⇒ Fric : après un long parcours de réinsertion, puis de contrats précaires dans des bibliothèques, j'entre dans une année de "stage" pour ma ville, en médiathèque. Si tout se passe bien, je devrais être fonctionnaire à temps partiel dans un an et demi.

C'est mieux que des phases bien plus galériennes, mais c'est pas beaucoup d'argent. Tant pis, j'ai besoin du temps en plus et d'un boulot qui ne tabasse pas trop socialement, plutôt dans la continuité d'activité que dans le stress. Je compense avec des aides sociales. Je crains un peu que Macron vienne spécialement chez moi me les squeezer.

↳ La suite : me former pour être prenable à des éventuels postes plus intéressants. On pourra pas grossir le salaire beaucoup, mais si j'y gagne en qualité de vie (proximité, nature de la collection à gérer), pourquoi pas.
Mais pour l'instant on va déjà se faire titulariser.


⇒ Écriture : catastrophe. Je n'écris plus, je ne lis plus grand chose.... en tout cas pas avec une énergie active. Je met des semaines à finir des romans simples. 

↳ La suite : trouver un/ des créneaux hebdos et m'y tenir, pour lire, déjà. 

 

⇒ Social : en voie de désertification. Pas gardé beaucoup des liens du passé, n'entretiens pas l'existant ou mal, en crée peu de nouveaux. Célibataire, genre vieux garçon. Mon besoin de solitude se maintient, et prend la priorité. Je sais qu'il y a un danger, là. J'ai quelques amis... Trop peu. Et mon besoin de me "reposer" du social peut devenir un isolement.

↳ La suite : aucune fichue idée. Je n'arrive pas à imaginer mon équilibre. Amicalement, la régularité, je suis nul. Amoureusement, il faudrait que je rencontre quelqu'un comme moi, dont les besoins sortent de la structure du couple. C'est triste, hein... on a un besoin d'amour, comme tout le monde, indispensable, mais comme il est moins central, il ne sera peut-être pas DU TOUT satisfait. 

 

⇒ Engagement politique : non. Pas trouvé le cadre. Toujours trop libertaire et glandeur pour croire aux partis.

↳ La suite : peut-être me syndiquer. Déjà par auto-protection, en suite voir si ça me met les mains dans le cambouis.

 

⇒ État du domicile : catastrophique. Non mais vraiment. Ma fille vient me voir, mais c'est tout, personne d'autre n'entre, parce que c'est pas insalubre mais tout juste habitable.

↳ La suite : mettre de côté une somme pour me faire aider à faire un reset. Et voir à partir de ça. Je vois pas comment autrement.


⇒ Faire du Jeu de Rôle :  pas fait.

↳ La suite : ça techniquement ça peut se faire. Les outils web ont changé la donne, il est possible de jouer à distance. Au moins un temps. Après un peu de prise de confiance, voir si je peux pas socialiser un peu autour de ça.

 

⇒ Santé Psy :  meilleure. C'a été assez compliqué selon les année, mais j'ai un traitement équilibré pour le TDAH option anxiété. Et en plus sa distribution en France s'est améliorée (prescription et remboursement). Pour compenser une période où de l'éco-anxiété ma fragilisé (disons : où mon anxiété naturelle a dû encaisser des infos anxiogènes), j'ai fait des petites découvertes très aidantes (la L-théanine pour être plus zen, la cohérence cardiaque pour casser les éventuelles bouffées d'angoisses). Et j'ai appris à gérer les infos différemment.
Par contre, j'ai pas repris de suivi psy. Et c'est très con, parce que tout ce que j'ai pu faire est suite à du travail psy, tout ce qui s'est dégradé le serait peut-être moins avec ce travail. Mais il faut trouver un professionnel qui comprenne à la fois la partie handicap du TDAH et le travail "existentiel" analytique classique. 

↳ La suite : sans doute chercher dans le cadre hospitalier, déjà. Il y a quelques services spécialisés, et je ne crains plus qu'ils remettent mon diag en cause : si jamais ça passe pas je repasse par un cab privé le temps de renouveler la prescription initiale (un truc chiant de tdah tu peux pas comprendre).
Peut-être voir si travailler dans la fonction publique permet pas d'augmenter un peu le standard de la mutuelle, voir si ça me permet pas un suivi en privé.


jeudi 7 janvier 2016

And I try, and I try...

Quand j'arrêterai d'avoir plusieurs déceptions d'avance, je serai probablement plus facile à vivre.
Mais une frustration qui ne serait pas la norme, ce serait accepter qu'elle me prenne au dépourvu... Et ce qui arrive quand elle est inattendue, c'est qu'au "moment de s'y croire", on se retrouve avec une preuve que la foi était insuffisante, et pourrait bien le demeurer.

Parce que c'est déjà difficile à avoir, une foi, en quoi que ce soit. Déjà, un idéal qui ne soit ni niaiserie ni déni de soi, puis être dedans sans que ça dépareille trop ; puis que ça dure malgré les doutes. Si on se fait décevoir ou frustrer par surprise, faut pas que ça tombe. Donc assez haut, assez fondé, et assez intime pour que ce soit encore vrai malgré les contradictions. "Dur comme un mortier de sang".

lundi 14 septembre 2015

Géo Trouvepatou

Je viens de mettre le doigt sur une sensation.
Une partie de ma vie physique et psychique.
C'est pas un scoop, mais c'est maintenant une sensation que je peux distinguer...

Je me sens sur le point de me perdre, tout le temps. 

Je sais d'où j'arrive, et à peu près où quelque chose peut me mener, mais je passe un tiers de mon temps à m'orienter.
Parfois littéralement, c'est à dire, m'assurer en permanence que je suis toujours sur le bon itinéraire, même quand j'ai déjà fait quarante fois le chemin. La plupart du temps, la désorientation est plus abstraite, entre deux étapes de pensée. Ce n'est pas que je n'atteindrai pas l'étape d'après, mais seulement que, même en ayant déjà fait mille fois la même chose, ou des choses plus complexes, je vais à un moment ou l'autre lâcher le fil  - ou même la grosse corde que tout le monde peut suivre les yeux fermés - assez pour qu'il me coûte de le retrouver ; ça demande autant d'énergie que lorsqu'il s'agit de tracer son chemin lors des premiers passages. Autant de temps à faire attention à pas tomber, même quand il n'y a pas de nouvel obstacle. Toujours devoir rassembler mes idées, même quand je suis censé pouvoir les compter sur les doigts d'une seule main.

Il y a un autre tiers de mon temps que peux prendre à rester perdu. Déjà parce que dans un sens, me sentir perdu, c'est l'être moins. Je ralentis, je m'assieds, je laisse le temps passer et ma cervelle faire quelques tours sur elle-même, je plane, ça devient alors volontaire, je retrouverai le chemin quand je veux, si je veux. Je tenterai de m'excuser ou de me faire comprendre, de communiquer plus correctement, mais pas maintenant, juste encore un peu plus de temps pour retrouver le bon sens : en attendant, je respire.
Bien rude de suivre d'autres gens, et encore pire tout un groupe, quand il faut vivre tout cela pour arriver au même endroit qu'eux.

Quand par hasard, je vois dans les yeux de quelqu'un cette désorientation, cette panique quand le paysage familier mental ou affectif s'est dérobé, j'en chiale parfois d'empathie. Ce qui me déchire, ce qui ressemble à ma propre faille, c'est pas seulement pas tellement leur peur, mais tout cet effort maladroit, personnel, inhabituel qu'ils font pour repartir, rattraper les autres.


dimanche 8 mars 2015

10 balles dans le crin-crin

Retour surprenant au sensations d'une époque de ma vie, où mon ego - pas au sens d’orgueil mais de nombrilisme- qu'il soit heureux ou souffrant se boursoufle et se sursensibilise.
Je vis depuis quelques temps plus intensément  des rencontres, des questions, des déceptions que durant toute une période sentimentale de repli,  position de survie minimaliste ; mais malgré ces envies et volontés redéployées, je me sens en même temps retrouver un état pas plus équilibré que celui que j'ai pu connaître entre vingt et trente ans.
Comme si l'expérience ne faisait pas encore assez à l'affaire...
J'aurais cru ressentir les choses à meilleur escient, plus en rapport avec les évènements, et je me retrouve encore pris dans la lourdeur de mes propres interprétations auto-centrées.

L'aspect positif, c'est de de sentir des appétits, une plus grande curiosité pour ce que je peux vivre et voir.
Ca bute encore sur mes faiblesses de caractère, de courage à laisser naître et maintenir des mouvements d’enthousiasme.

On va essayer de pas se laisser décourager.

vendredi 19 avril 2013

Dull boy won't play, dull boy won't work

Cher réseau,

aujourd'hui je suis tombé sur un morceau, en psychothérapie.
(oui, salut, ça faisait très longtemps, merci de lire / j'temmerde / désolé)

Jouer avec ma fille ne m'est pas facile.
Quand j'étais petit, jouer, ça consistait à prendre un GI Joe, le regarder, et me projeter toute l'aventure autour de lui. Je bougeais pas tellement, pour faire ça.
J'ai jamais su ni aimé vraiment jouer. Ce que je me racontais était pas forcément plus plaisant que ce qu'on peut faire en jouant avec quelqu'un, mais je suis nettement meilleur public que tout autre joueur. J'étais content de me raconter cent fois la même histoire,  je savais quand tel bout de l'histoire était une péripétie et quand ça allait s'arrêter d'être difficile pour mon bonzom bandaï.
Jouer avec quelqu'un d'autre, c'est gagner ou perdre, ou un rapport de pouvoir, ou réagir à son truc alors que t'aurais bien vu tout ça différemment.
Alors bon, quand Loulou se pointe avec ses figurines à elle, je sais pas plus quoi faire que quand j'étais petit.

Et pareil : je veux pas jouer à la vie en société. J'aime pas. C'est pas que je pige pas les règles, c'est pas que j'aime pas les autres joueurs, c'est pas que c'est pas amusant. C'est que c'est "jouer". Intégrer, seconde par seconde, toutes ces réactions, toutes les étapes de la partie EN PLUS des mille bout de mon jeu intérieur.
Travailler, tu sais avec les n+1, les collègues, les étapes, c'est le jeu social.
Draguer et aimer, aussi.
Avoir des potes, aussi.
Je me retrouve avec une même indétermination que face à ma fille qui me tend son schtroumpf : il faut alterner mes propositions et les siennes, être en phase ou en rythme, un truc que je n'arrive pas à faire.

Je te dis ça comme un constat pessimiste, mais t'inquiète, je sais que c'est une étape.
Pour moi, c'est très important de toucher la nature de ce blocage, d'avoir en tête cette expérience de anti-ludisme pour comprendre comment, finalement, tiens, je vais lancer un dès et faire avance mon ptit chval.



mercredi 22 février 2012

Ambition ?

Choses faites :
- séance thérapie
- gros détour marché par les Buttes-Chaumont, pour fatiguer un peu la machine, et puis ya du soleil. Joggeurs, Taï-chi, un enfant de deux ans de moins que Loulou qui joue à éclater au bâton les bulles de savon que lui fait son père, quelques mètres carrés d'une pelouse avec un reste de glace (neiges éternelles super locales), un jeune couple fait du badminton sur une pente à 60 %, un requin saute du bassin et bouffe trois caniches exagérément propres.
- un 8 de vittoz
- après une montée d'angoisse surgie de l'oisiveté, écriture, pour comprendre. Je sais pas si je redécouvre l'eau tiède, mais j'ai cru flairer une piste.
Donc, extrait :

Todolist. Tant à faire. Beaucoup de priorités secondaires. Ce que j'aurai dû faire. Et en même temps c'est des riens (rendre les livres à la bibli...).
Ca fait peur, parce que quand je fais ces choses anodines, pratiques, communes, je joue le jeu.
C'est reconnaître qu'ils ont raison, les chefs et les gens qui condamnent mes lenteurs et les profs qui me disaient "peut mieux faire".

Parfois faire ces petites choses me rend fier.
 Mais il y a un piège de "reconquête" après avoir perdu du temps à pas le faire. Je me sens héroïque d'avoir remonté la pente.
Ça joue à confirmer le côté "handicapchallenged" auquel je tend à m'identifier "par facilité". Fabrique le cadre, fait monter artificiellement la valeur, et je m'auto-congratule de faire un truc normal.

Mais aussi on doit s'auto-congratuler, vu que personne ne le fera. Assez généralement.
Et puisque moi, je peux savoir à quels moments c'était difficile pour moi. Maladroit, œdipé maousse, TDA, moi parce que moi ou whatever. Oui, j'ai eu du mal à le faire, quand pour toi c'est simple ou nécessaire. Mais je le fais. Le "bien" ou pas, pour l'instant...

La point d'équilibre, ça peut donc être de déterminer par moi même la difficulté, le critère de réussite.
Pas m'autodisqualifier en permanence pour ne pas avoir de réussite à produire - et finalement culpabiliser puisque c'était le critère d'autres gens qui me semblait constituer la réussite.
Les critères des autres paraissent si hauts. Cette endurance qu'il faut pour s'y maintenir.
Pour pas partir perdant : connaître mes critères, reconnaître mes résultats, trouver le moyen de ne pas renoncer intérieurement à ma propre estimation quand l'estimation normative ou personnelle est sévèrement différente.
Pas nécessaire d'être dans l'auto-évaluation permanente, même bienveillante. Ya des moments qui se font tout seuls.
Distinguer mon auto-complaisance, finalement anxiogène, de la bienveillance envers moi-même.
Un gros morceau de mon auto-rééducation, ça.

lundi 6 février 2012

Se battre à coups de coulpe

Je renâcle à reblogguer, et j'en ai envie.
Je peine à avancer sur l'introspexcavation de mon vampire psychique : un écrit autobidulien que je m'envoie à moi-même par mail depuis quelques semaines, à vocation thérapeutico-narcissique (encore) moins soucieux de forme que celui-ci,  où je tente de me colleter à une "honte d'être moi"que je n'arrive pas à dépasser
Je ne publie pas ça, parce que je ne sais pas - encore - faire mieux qu'avoir honte de ce que j'y dis. Parce que peut-être aussi c'est moins un "je pour jouer" que j'essaie de construire.
Le "je" de broken biscuits et des autres narcissites antérieurs n'était pas qu'un divertissement. C'est moi qui en suis un. Et je me vois obligé de devenir autre chose, de grandir. Et l'ingrédient "public élargi" ne marcherait pas, je crois, pour cette métamorphose-là.


Depuis tant de mois que ne je blogue plus vraiment, pourtant, il y a matière à écrire. Un quotidien qui a du sens, même si je le trouve dégueulasse au goût. Ce ne serait pas inutile pour le côté psy, ça n'empêcherait pas, si je fais tout pour que ça ne tourne pas en rond.

J'ai envie de reblogger, disais-je. D'abord pour te tenir au courant.
D'un autre côté, ce que j'ai à raconter, c'est triste, et je crains que tu me juges...
Ya de quoi.


Allez. Une petite liste de faits (un petit "mode prétérition", si ça te rappelle quelque chose).

- toujours avec la Grande Souris.
- sevrage de mon très vieil antidépresseur.
- Carte de transports pour pauvres, OK. RSA OK. CMU OK. Chômeur longue durée.
- départ de Kapuchette pour un chez elle
- suite à une stratégie de l'autruche avec les impôts et le syndic de copropriété, grosse emmerdes de fric. Par la suite écopées par mon père. TRES grosses emmerdes. Avec  huissiers, et même  assignation à comparaître.
- retour à la case anxiété généralisée. En partie, suite à une stratégie de l'autruche avec la majorité du spectre visible du réel...
- violente conscience que je dois sortir de temps en temps de ma caverne.
- et y faire beaucoup de ménage.
- En sus de la Grande Souris, appelé le Canard, Moumouth, couch-parleur et Kapuchette à la rescousse. Pu aussi, plus tard, me livrer à Ricqueta, et à mon père.
- la Grande Souris vit de son côté de bons gros moments de doute bien méchants
- contact providentiel avec un excellent cabinet médical de secteur 1.
- fin d'automne et fêtes de noël très sombres...
- ennuis de santé du côté de la famille de loulou. Ricqueta de plus en plus débordée.
- bilan de compétence en cours.
- stabilisation de l'humeur à coups de benzos.
- initiation à la méthode Vittoz
- passage du couch-parleur chez moi. Présence et coups de mains, tris, débarassage dans l'appart'. On dirait un peu moins l'intérieur d'un toxico.
- tentative de thérapie. Dans une assoc d'analystes, qui fait ça bénévolement.
- c'est pas gagné.


Pour résumer le cœur du problème derrière cette liste : j'ai trente-cinq ans, et je me sens incapable d'endosser la responsabilité de ma propre vie, du détail domestique aux questions d'avenir.
Je n'ai mis, toute ces années, que très peu de bonne volonté  à prendre les décisions et responsabilités les plus basiques ; celles qui assurent la subsistance et certaine dignité. Jusqu'ici, ma famille m'a protégé des conséquences les plus brutales de cette attitude puérile, et j'espérais avoir toujours assez de vent dans le dos pour avancer le minimum nécessaire.
C'est raté. Le résultat est minable. J'en suis responsable.

Faire moins nul, faire viable, arrêter de fuir...
"Vaste programme", m'aurait répondu le Général.

Oui, un bon clin d’œil masochiste pour conclure, parfait.

mercredi 2 novembre 2011

Condition banale

A l'occasion de ma rougeole déclinante, je constate de nouveau que j'ai plus besoin qu'on s'occupe et s'inquiète de moi que je ne l'ai permis.
Merci à La Souris pour ta présence ces derniers jours... Aller mieux sans elle n'aurait pas été la même chose.

mercredi 26 octobre 2011

Confessions of a Confuse Mind

(j'ai coché le paramètre qui crée une mise en page automatique  pour les téléphones portables. Tu me diras si ça marche)

Je suis paumé, en ce moment. Confus. Conscient que cette confusion est entretenue.
 Pas au plus dans la merde que j'aie jamais été. Ca, c'était probablement l'an dernier. Avec un petit revenez-y il y a deux mois, et sans doute des répliques dans les années à venir, puisque mes conditions de vie changent trop lentement pour que ça ne me re-saute pas à la figure.

Mais là, pour l'instant, le flingue dans ma nuque a repris sa position désarmée.
Quoi, non je dramatise pas...
Je suis dans une situation précaire, socialement et matériellement, et même si elle est un peu moins angoissante (temporairement) je n'en deviens pas forcément plus maître. Cela prend beaucoup de temps, de maîtriser, ou de "bien non-maîtriser" sa vie.

Je ne pars pourtant pas perdant, c'est même pour ça que je t'écris.
Je vais mettre au clair mes désirs et obstacles, histoire de faire le point.
Méthodo : je fais une liste, et sous chaque item, j'écris la difficulté et la voie plausible de résolution de ces dernières. Précision : je n'ai lu aucun livre de développement personnel dans les dix dernières années.

JE VEUX DU FRIC
La mère de toutes les emmerdes.
Difficultés :    Déjà, soulignons : je dis pas "boulot", je dis bien "fric".
Oui, je sais que les deux sont assez intimement liés. Cela donne donc assez clairement le cadre de ma recherche de boulot de dire que ce n'est pas un boulot que je cherche, juste un essentiel de survie. Les chômeurs heureux, mouvementuscule auquel j'ai eu l'honneur de participouiller à la fin des années 90, s'était assemblés et reconnus sous une banderole ironique "on veut des boulot de merde payés des miettes". C'est à peu près ça.
N'y vois aucun mépris pour les travailleurs. Pendant un temps, j'ai eu la chance d'avoir le choix. Je ne l'ai plus, mais je sais encore d'expérience l'intérêt qu'il y aurait à pouvoir choisir. "Personne n'aime travailler". Oui, mais dans cette foule silencieuse de gens qui ne font pas ce qu'ils aiment, on est pas tellement à admettre qu'on cherche à l'éviter, et qu'on se sent pas si mauvais que ça pour autant.
Bref. Pardon, j'ai polémiqué, c'est pas le lieu.
Chercher du boulot, donc. Le trou dans mon CV est énorme. Béant. Galactique. Stephen Hawking s'y intéresse pour ses prochaines conférences. Ensuite (et conséquemment...) je dois presque réapprendre l'alphabet, en terme de compétences professionnelles. Puis, trouver un type de poste où je me fais pas éjecter pour comportements non-corporate indiosyncratiques. Et si possible, moins de 30h, par semaines, cf étalage de crétin marginal pubertaire ci-dessus.
Premiers pas :    certains sont déjà franchis. Le plus probable, c'est à travers l'accompagnement social dont je bénéficie, finir par saisir le bon bout. Une bonne façon de rédiger mon CV (peut-être omettre mes diplômes), une bonne définition de mes objectifs et possibilités... Ouais, un bilan de compétence, un peu ça. Mais à destination d'un grouillot. Et le Pôle Emploi ne distribue pas facilement ce genre de prestations, surtout aux gens qui n'ont pas d'allocation chômage. Donc, voie longue. 
     Toutefois, autre option, maintenant que la ritaline me permet de ne pas zapper mes propres tâches, je devrais peut-être répondre à des offres auxquelles je craignais de ne pas correspondre, avec mes neurones réticents. C'est à dire, il y a quelques lignes, je te parlais de faire une recherche avec quelqu'un qui, derrière mon épaule, me dis "oui, on a déterminé ensemble que ça pouvait marcher". Là - beaucoup plus fort - ce serait répondre -c'est du pur délire - à des offres et des annonces, parce qu - mais c'est de la folie furieuse d'envisager cela - je me sens plus capable de ne pas merder qu'avant.
Pour l'instant, chercher un emploi comme tout le monde le fait, sans soutien ni encouragement, alors qu'évidemment c'est la bonne solution, je regarde cette méthode avec circonspection. Parce que même si je ressens mieux mes capacités et disponibilité mentales, j'ai toujours une confiance nulle. Idée : répondre à des annonces en échec programmé, réapprendre à encaisser les refus, oraux ou écrits, et réapprendre à me présenter.


JE VEUX REPRENDRE LE BLOG (et l'écriture)
Voilà qui est fait, tu me diras.
Difficultés :        j'ai pas tous les jours quelque chose à écrire. L'expérience des" trois trucs positifs à raconter" par jour est tenable, mais elle demande une discipline... qui chez moi ne vient qu'avec la connaissance de ma récompense.
Là, aujourd'hui, je connais l'utilité de cette entrée-ici, je veux me désembrouiller, mettre des perspectives. Mais au quotidien ? Il me faut le plaisir d'échanger, d'être lu. Que l'écriture participe à mes liens d'amitié. De nouveaux, mais aussi les amis plus anciens.
Premier pas :     mettre quelques contacts de mes copains et lecteurs dans une liste de diffusion de mise à jour, vu que 1) la plupart ne savent pas utiliser un flux rss 2) la plupart  peuvent parfois oublier ou ne pas se rendre compte que je bloggue aussi en espérant leur présence bienveillante.
Autre point, me refaire une liste de blogs que j'apprécie.
Conséquence probable : moins écrire sur le forum des polyamoureux. Ça eu beaucoup d'intérêt pour moi, c'était le seul endroit où je me décrassais le clavier, mais pour l'instant, ce serait mieux que j'en écarte mes pulsions graphomanes pour les employer ici. C'est sûr, ici, j'aurai bien moins facilement de réponses.
Retour de la question des "nourritures narcissiques" de mon écriture.
"métaproblème", je passe sur autre chose.

JE VEUX ÊTRE PRÉSENT POUR MES PROCHES ET MES AMIS
Pratiquement, je ne vois plus personne. C'est pas tout à fait absolument vrai, il arrive que je rencontre les gens par un ticket gagnant aux concours de circonstances et une conjugaison exceptionnelle de bonnes volontés, ça arrive, mais  de fait, c'est pas souvent.
Difficultés :      je ne répond jamais au téléphone, mais ce qui est bien pire, je rappelle très rarement. Et je fais rarement de propositions. Et si j'en fais une et qu'on m'accueille pas avec une débauche d'enthousiasme et une dix-milltiplication de mon propre élan de rapprochement, je suis, au mieux, déprimé parce que voilà ce que ça me coûte de pas être un ami présent, au pire, je me vexe parce que l'autre ne comprend pas qu'il fallait me texter parce que tout le monde le sait, merde, que je hais le téléphone, et tout le monde peut comprendre ça, si on le comprend pas c'est qu'on m'aime pas moi, évidemment, non ? Oui. Hem. Comme tu dis.
    Autre complication, mon mode de vie. Je suis chômeur. J'ai du temps : en journée et en semaine. Le soir et le w-e, je m'attache à donner de moi à ma fille ou à mon amoureuse, et, déjà ça, d'habitude, ça prend beaucoup.
Par ailleurs, pendant Pendant les 6 derniers mois, j'ai aussi pris du temps pour les indignés. Et puis parfois je vois un peu kapuchette qui crèche chez moi et m'a jamais aussi peu vu. Et puis parfois j'ai la tête en vrac parce que galérer rend pas très clair d'esprit (avec plusieurs raffinements dans le dawa psychique : le sevrage de mon antidepresseur avec nausées et vertiges (fini), la trouille de pas savoir quoi faire quand . Et puis parfois j'ai besoin d'être seul, on a même dire que c'est souvent, même si c'est aux heures où tout le monde il est sociable. 
Pour ces quelques petites choses... je ne sais pas m'organiser.

Premiers pas :     je me suis racheté un cahier de texte il y a un mois ou deux, et je l'utilise. J'ai pas encore un réflexe systématique, mais je tente de le prendre. Oui, un agenda d'adulte aurait été mieux, mais c'est beaucoup plus cher, si tu veux pouvoir écrire sans loupe.
Je peux tenter de m'inventer un emploi du temps. Lister ce que je dois faire de toute façon, pour mieux voir les espaces que je peux laisser. En n'ayant en tête qu'un "grand vide" à la place, je ne m'organise pour rien, même pas l'indispensable.


JE VEUX DÉRATISER MON APPARTEMENT.
Il s'agit encore, depuis - hm, trois ans ? - que j 'ai emménagé dedans, d'un endroit sale et chaotique. Il n'est pas hostile, à vrai dire j'aime vivre dedans, mais il est inhospitalier (j'en interdis toujours la visite à pratiquement tout le monde, ma fille n'y est venu qu'une fois), et comme tant d'autres aspects de ma vie, impropre à l'usage. Im-propre.
Difficultés :        la "penderie". Espace de bien deux mètres carrés, où tout ce qui est mal entassé empêche d'autre joncheurs d'appart de se ranger. C'est la Porte d'envahissement par les dieux du chaos chez moi, plutôt que d'être la solution.
Et sinon,  dans le reste de l'appart', tout le reste du bordel, chaises et objets que je ne sais pas où caser, comment installer, par où commencer. J'ai eu l'habitude de vivre dans un désordre réparti sur beaucoup plus de mètres carrés. Le désordre est resté, pas l'espace.
Premiers pas :     acheter quelques grands sacs plastiques où répartir une partie du problème de la penderie : des linges, draps, laines, qui ne me servent pas tous en permanence, mais que c'est pas une raison pour les laisser comme ça. Répartir ce linge en fonction des tissus. Laver. Plier. Atteindre les couches inférieures du désordre.
M'occuper des machins entassés sur les côtés du canapé.
Emmener mes chaises en bois et ma jolie table en verre à la cave, plus ou moins temporairement.

JE VEUX M'ENGAGER
J'aimerai continuer, plus précisément, à agir avec les indignés.
Difficultés :       l'engagement politique, c'est chronophage, et ce qui tend vers l'autogestion, encore plus. Si il n'y a pas de rigueur là dedans, ça marche pas. Je suis bien placé pour le savoir. Les indignés sont, pour beaucoup, soit des gens qui ne participent pas aux organisations politiques traditionnelles, soit qui s'en sont détachés, parfois autant par idéalisme que par un besoin personnel de liberté. Autrement dit, des gens qui sont jamais d'accord avec personne, par principe ou parce qu'ils ne désirent pas se mettre d'accord avec qui que ce soit. Ca peut-être très beau, quand, parfois, ça marche. Mais, souvent, comme pour ma vie personnelle donc, ça peut aussi être très foireux.
Premiers pas :    je tente de me rattacher à des personnes, plus qu'au mouvement lui-même. Essayer de m'organiser avec elles, avant de décider comment suivre les actions du mouvement.
Là je suis dans une phase de forte déception, avec les indignés. De frustration, aussi. Je comprend que je ne peux pas faire avancer les choses, je comprend pourquoi elles bloquent (le choix de la démocratie directe + la liberté d'expression Versus ya un moment où on doit prendre des décision, si possible pas à la dernière minute, et prendre des responsabilités, quand on veut que la démocratie soit autre chose qu'aller aux urnes de loin en loin).
Bref : j'ai pas beaucoup d'idées pratiques, et je vais attendre encore quelques jours pour constater si j'ai envie d'en avoir.


JE VEUX REFAIRE DU JEU DE RÔLE
Difficultés :         presque aussi chronophage que la politique. Et puis, lors de ma dernière tentative, personne n'arrivait à tenir les rendez-vous, y compris moi, alors qu'ils étaient pas non plus à un ryhtme effréné (un toutes les trois semaines). Les camarades concernés ont aujourd'hui, comme moi, un emploi du temps peu JiDéRocompatible, et, caractère ou circonstance, je me décourage trop facilement pour tenir ce genre de plan à bout de bras.
Premiers pas :      n'être que joueur, avec des gens que je connais pas et pour qui j'aurai pas à gérer l'organisation, mais je crois que ça me frustrerait presque autant, ou organiser avec des gens qui, comme moi, sont plutôt disponibles aux heures des bureaux, ou organiser sur des temps courts en soirée en semaine, ou ne faire qu'un très petit groupe (trois joueurs + moi), et ne laisser grandir le groupe que si l'assiduité est facile à assurer.

JE VEUX ME DESEMBROUILLER LE CRÂNE
Difficultés :        le sevrage d'antidépresseur a été éprouvant. A peu près la même facilité à réfléchir qu'avec une grosse grippe dans la tronche. Et une gueule de bois en bonus. Plus des vertiges et quelques passages à vide.
Fin de l'effexor = retour de plein de tonalités d'émotions plus fortes. Celles qui sont "fabriquées" par le sevrage de psychotrope, et celles qui sont juste les miennes dont j'avais perdu l'habitude.
Ma vie très insatisfaisante, emplie de peurs et d'impuissances : rembourser avec de l'argent que je n'ai pas, ne pas savoir quoi dire aux autres quand, ce que tu crains comme regard sur toi, c'est "tu peux pas comprendre ce qu'est la responsabilité vu que tu ne veux pas travailler, tu n'es pas un vrai père, pas un vrai ami".
Non, on m'a pas dit ça, évidemment. Mais quand on vit dans le merdier, on s'y indentifie, et parfois, on y est identifié. Et puis, je merde depuis si longtemps.
Bref, mes galères obscurcissent souvent mon jugement.
Premiers pas :      faire des plans. Ecrire, décrire, mettre au clair mes objectifs à court et long terme. Bloguer, si ça aide.
Autre aspect : aller chercher un psychiatre correct qui m'expédie pas en 5 secs et prend la CMU. Je dois me réapprendre, vider mon sac, trouver une version "médicale" de soutien moral, dire ce que je ressens pour en prendre conscience (si c'est que moi qui me regarde moi, je vais sans doute pas pouvoir voir tout ce qui se passe au dessus de ma nuque).

vendredi 23 septembre 2011

Dysfonctionnons en famille.

Ca va passer. Ca va passer. Ca va passer.

Montée d'angoisse. Je dois sans doute ça à la fin de mon sevrage... En tout cas, la partie émotion.
Mais on va pas tout mettre sur le dos de la chimie médicale.
Qui, par ailleurs, via la ritaline, m'a remis debout, plus debout que jamais.

Ma fille a passé une sale sale semaine, en entrant en CP. S'est mise à avoir des peurs très fortes, très intenses. Beaucoup d'opposition systématique, avec sa mère, moi, sa nouvelle instit'.
Nouvelle instit très disciplinariste. Loulou rame.

Parents pathologiquement non conflictuels ; la mère, fusionnelle, qui s'angoisse à chaque fois qu'elles ont une dispute ; moi, qui suis un père absent, un agressif passif, qui ne gère pas les rapports d'autorité, les fuit ou les attaque par la bande.

Loulou s'est mise à cristalliser sur une histoire d'empoisonnement. Tu sais, c'est l'âge où on se rend compte de sa mortalité ? Bon. Les angoisses existentielles viennent croiser les incidents temporaires.
Par un raisonnement enfantin que ne saurai deviner, Loulou pense qu'elle doit garder sa salive. Et la recrache, de temps en temps. Elle flippe de s'empoisonner. Elle refuse les machins qui craquent dans la nourriture (genre, dans les champignons).
Je suis incapable de distinguer la grosse peur qui la fait parler la nuit et se réveiller avec des cauchemars, qui lui bouffe la tête, du cirque de l'enfant qui a compris que ça attire l'attention.
Et... sa maman refuse de considérer qu'à 6 ans, elle ne devrait plus quotidiennement dormir avec elle, même si ça la (les...) rassure. On grandit pas dans le lit où dorment les parents. Même si la plupart du temps ya de la place vu que papa n'y dort que deux fois par semaines.

J'ai peur, moi, que Loulou n'apprenne pas à affronter ses peurs. A ne pas savoir que la peur fait plus mal que le danger en soi ; qu'un danger, un danger de la tête pas un danger de la vraie vie qui mord et écrase, ça doit s'affronter.
Je flippe, parce que Loulou déconne, et qu'elle risque de se marginaliser. Parce que certaines de ses amies ne jouent plus avec une petite fille qui crache.
Que ce qui a mis un peu de calvaire dans ma propre enfance, c'est d'avoir été tellement protégé à la maison que je ne savais pas grandir dehors, et donc, surtout, pas vivre avec les autres enfants, louveteaux ou veaux indifféremment.

Oh : il y a bien sur le fait que le boulot de Ricqueta ça va pas fort, que j'ai du repousser les assauts administratifs d'huissiers et de mon banquier, que mes potes Indignés se font embarquer au commissariat (et récemment, se mangent un procés) à chaque fois qu'ils entreprennent de se poser en public.


Semaine tendue.
Ca va passer. Ca va passer. Ca va passer.

You may say I'm a dreamer.
And I don't give a damn.

vendredi 15 avril 2011

morceaux du jeudi 15 avril

- round 1 de la bataille avec l'hydre de l'étagère. Vaincu la tête "gauchisme" et la tête "SF". 
- Me suis vu tout seul en cinéphage adulte,  La proie, de Eric Valette : curieux mélange d'un esthétique "provinciale" et d'une réalisation américaine. Parfois ça rend très bien, parce que Dupontel s'épargne pas, parce que les fils de l'intrigue se serrent bien, que l'action tape. D'autres fois, FR3 semble un peu imprégner le film :  certains personnages secondaires sont falots (la fliquette, son supérieur), certaines étapes de l'histoire traînent un peu (notamment la fin, où le méchant jusqu'ici très solide ne fait plus assez peur...). Globalement, Valette donne de la bonne série B d'action, qui ne nous laisse pas plus débile qu'il ne nous a trouvé... Ce qui est un vrai défi dans le rayon film d'action. J'y suis allé de ma larmichette sur la dernière séquence, pourtant bien cliché. Mais bon, une petit fille qui est rassurée parce qu'elle a des nouvelles de son papa, hein, je m'identifie à fond les ballons.
-  bon gros JunkDo mangé avant le film. Je tente de m'offrir plus modérément ce plaisir-là qu'avant. Comme l'une des composantes de ce plaisir est la facilité (la remplissante douceur gustative étant la seconde principale), j'essaie de pas trop compter dessus, de me l'offrir vraiment même quand c'est facile. Mais n'empêche, souvent, le dabeulcheeze, c'est un trip en soi, une expérience de bain de normalité  aux huiles essentielles de vulgarité. Un peu comme certains aiment les gros mots pendant le sexe, j'aime l'industriel pendant un repas. Faut sans doute avoir bien acquis les bases de la gourmettance et des charmes discrets de la bourgeoisie, pour comprendre une régression/transgression de ce genre. C'est pas donné à tout le monde. Ou j'ai des goûts de chiotte, ce qui est possible, et pas nécessairement contradictoire.

jeudi 14 avril 2011

bisque huit

6/4/11
- Commencé une version étoffée du post "vos 15 bouquins préférés". Suis venu à bout d'un résumé correct de La Maison des Feuilles. Tu verras quand je le posterai, c'était pas facile.
- organisé un plan ciné... Ca faisait des siècles que je n'organise plus, même des petits plans, parce que... pas envie d'être déçu quand les gens suivent pas, peur de me montrer en "gros boulet visqueux". Ben apparemment, ça me passe.
- 1602, Neil Gaiman. Le plaisir de ce comics, c'et d'imaginer les super héros de Marvel s'ils avait commencé à agir au XVIIème siècle. Donc un histoire de capes et collants transformée en histoire de capes et d'épées. Ca permet à l'auteur de présenter des aventures moralement moins simplistes que d'habitude.

8/4/11
- 95 kilos. Ça faisait longtemps que j'étais plus ou moins un peu au-dessus.
- demandé ma carte de transports gratuits. 60 € d'économie par mois, ouais, ça  compte, sur un budget de 400.
- Walking Dead avec kapuchette, eskimos magnum choco-menthe.

9/4/11
- Rango. Beau comme du Leone, bizarre comme du Corbucchi, malin comme du Tarantino, par moments aussi inventif que du Pixar. Oui, c'est un bon film.
- une terrasse avec les ambassadeurs
- la nuisette de la Grande Souris

10/4/11
- visité le comptoir général en vrai, et c'est geay-gnâl. Non, franchement. Je sais pas si on peut y aller comme client pas durablement développé, mais on va essayer.
- un pique nique avec petit vin gris corse, au bord du canal st-martin
- découverte que la Gare de l'Est, le dimanche, c'est ze place to go. Ya des machands de journaux ouverts, un fleuriste, des sandwicheries, et même un distributeur de snack bios... Ya même des clopes pour les toxicos.
- une salade de carottes. Nan, mais je plaisante pas, là. Bon, yavait une sorte d'omelette japonaise un peu sucrée dessus, et du tofu et du yahourt. Mais pour moi qui suis cheezburgerophage, kiffer une salade de carottes, c'est un évènement.

10/4/11
- apéro with Aurelien... qui m'a rapporté un Buddy Christ. On a parlé de polyamour, de fetlife et de timidité.
- Ecoute petite homme !, de Wilehm Reich. Quand un psy te tient un discours à charge sur comment notre médiocrité affective et intellectuelle pourrit la vie de tout le monde, ça fait du bien. Faut essayer.


11/4/11
- retrouvé les albums "The Doors", et "Born To Run".
- la mini-enceinte pas chère marche, et fait sonner l'appart'. Son un peu "canette" si on pousse trop, mais bon, comparé à d'autres petites de cette catégorie...

12/4/11
- adresse d'un psy, RV avec un ophtalmo (juin), ordonnances renouvelées (Ritaline, Stilnox, effexor j'en prend presque plus !). Je suis bien "suivi", et merde, ça fait du bien (Lucrèce, en passant, si de temps en temps t'as une oreille qui siffle, c'est normal, c'est que je te remercie du coup de pouce qui m'a relancé il y a quelques mois)
- Rangé le rayon "gauchisme" de ma bibli.... Retrouvé, ému, La sensibilité individualiste, de Palante et L'Impensable, l'Indicible, l'Innommable, de Bounan.
- Le museau de la Grande Souris qui s'endort entre mes omoplates (de l'autre côté, je lis toujours L'équilibre des Paradoxes, mais ça se traînasse, là)

13/4/11
- plaisir à essayer de mobiliser des potes en dernière minute. Ca a manqué, mais avoir envie de le faire, me dire que ça pourrait bien marcher... Un petit chatouillis dans la poitrine qui me dit "allez, c'est un bon plan".
- Sucker Punch, avec Monsieur Furieux, au Max Linder. Visuellement, facile à la hauteur d'un Matrix ou d'un Seigneur des Anneaux. Gros morceaux de bravoure en mise en scène, grand mélange de tout ce que j'aime (des bimbo "Burlesque" (des gaines et des bas ! arflll), des zombies nazis, des robots, des gros machine-guns, un katana, une prof de danse hiératique, "Rabbit" et Search and destroy remixés). Par contre, comme Snyder iconise 100 % de l'histoire, et comme le scénar balance les enjeux par dessus les jolies jambes des héroïnes, on s'en fiche un peu des personnages. C'est apparemment volontaire... Seulement comment ça se fait que, même si j'ai aimé le twist, je me suis pas senti "attrapé" ?

lundi 4 avril 2011

4 jours de régime

Oh, c'est sympa ma bonne résolution, mais faut prendre des notes, hein, et quand le retard s'accumule, tu prends chers.

Alors...

Morceaux de biscuits du 30 mars :
- avoir pris RV avec médecin. Non, c'est important, vu qu'il y a encore deux mois, j'existais pas tout à fait pour la sécu. Donc avoir un médecin traitant qui te renouvelle tes ordonnances courantes et qui peut te diriger vers un ophtalmo sans que t'aies à te priver de la moitié de ton RSA, oué, je compte ça comme un bon gros plaisir.
- dealé avec kapuchette pour compenser les fois où on avance pas dans les séries TV qu'on regarde ensemble.
- écrit à Momo mon grand complot pour faire tomber le capitalisme avec un clavier de minitel
- mail de la Grande Souris, grand bain de câlins et chabadabadas

1er avril
- égorgé un financier du côté de la Défanse. De temps à autres, ça soulage.
- suvi le mini-défilé masqué scolaire de môfifille (déguisée en tintin cosmonaute. Vérifier si ce côté sélénite est un hasard ou un atavisme). Je suis mal rasé, je suis un père satellitaire, mais je suis un père pas si absent et probablement mieux aimant que plein de têtes à claques familiales roulant en tutures à 5 banquettes. J'emmerde les parents des camarades de classe de ma fille, tiens. Déjà un parent d'élève, c'est conservateur par nature. A l'époque 5 fruits et légumes par jours, fume pas à l'intérieur et travaille plus pour consommer plus, c'est encore moins bien parti pour la rigolade. Mais alors un parent d'élève du 7ème arrondissement... tu crois que  que c'est un truc caricatural dans les Triplés du Figaro, et en fait, non, ça existe en vrai. Je savais, d'ailleurs, je les ai connu en pension, au lycée, avant qu'ils se reproduisent (probablement par le truchement d'un excès de Malibu dans un rallye ou dans une soirée de grande école sponsorisée par Barbour). Même pas le bon goût d'être décadents.
- découvert le concept épicurien d'utilitarisme. Apparemment c'est un truc un peu trop ouvert aux instincts égoïstes pour que j'adhère à fond, mais une théorie qui juge plus les actes sur leur conséquence que sur leur nature ou leurs motivations, j'aime...

2 avril :
- un diabolo menthe en terrasse avec Kapuchette, qui ne me reproche pas un retard pourtant bien bête...
- après une soirée avec les polyamoureux, rejoindre la couche de la Grande Souris... Sortir sans sa copine ne mène pas en Enfer.

3 avril :
- de la bionade à la world bobo-supérette à côté de chez la Grande Souris. Un soda bio, pas trop sucré... Le rêve pour quelqu'un comme moi qui a du mal à boire de l'eau à table.
- les amis de la Grande souris qui sont venus tester en aveugle ses pâtisseries... Alors, vedge ou pas vedge les gâteaux ? Ben le cake citron-citron classique est meilleur que son pendant vedge, mais en chocolat et en pain brioché, c'est les vedges qui gagnent. En même temps, c'est pas pour râler, mais le pain vedge il triche, il a de la compote dedans.
- une expérience sexuelle limite psychédélique avec du stilnox. C'aurait probablement été un moment d'anthologie si j'avais pas aussi à moitié-dormi en même temps... Hahem, ce qui est prévisible avec le stilnox, tu me diras. Mais bon, heu, c'est l'intention qui... non ? D'accord.

4 avril :
- un mail marathon comme j'en fais plus beaucoup, avec tout dedans, du perso, de la philo, des sentiments et de la tendresse, bordel.
- le roman SF de Pagel "L'équilibre des Paradoxes", grand fourre tout foutraque, avec des enquêteurs de roman détectivo-gothique et des voyageur dans le temps. Et juste assez de bon petits plans "les gauchistes dans l'Histoire de France" pour se sentir en bonne compagnie, .
- des spaghett au pistou.

mercredi 30 mars 2011

3 bons morceaux :
- fier d'avoir reconnecté l'ordi de Joya. Je suis plus fort que les machines, cette semaine.
- une part d'une délicieuse tarte au chocolat/crème parfum banane/ amandes... Dans un snack dont je dis pas le nom, mais où on peut boire de l'unbuntu cola.
- "Extra-terrestrials, you mean, from Outer-Space ?" "No, I mean Extra-Terrestrials from Canada", dans World invasion, Battle Los Angeles. Et avec Monsieur Furieux, on est arrivé presque premiers, on a eu les place du centre du milieu de la salle, yeah.

En passant, World Invasion :  5/10.
Superbes scènes de bataille, pour une fois la shaky-cam empêche pas de voir quelque chose à l'écran et te fait vraiment rentrer dans l'action. Et malgré un très gros trou dégueulant de pathos à mi-film (entre le moment où ils se réfugient dans un magasin et celui où ils sautent de l'hélico des secours), le réalisateur arrive à t'impliquer, alors que l'empathie pour les personnages est nulle, étant donnée la bêtise scénario.
Ce dernier court presque dans la même catégorie qu'Independance Day... C'était prévisible, d'accord, mais dans ce cas, faut pas casser le rythme, et encore moins ajouter dix tonnes à des clichés, à grands coups de cuivre et de violons....
Les Marines, c'est forcément des gars sympas et sensibles, qui à chaque mort se paient le luxe d'un gros blues oscarisable : pas du tout des gens dont le métier est d'obéir aux ordres et de tuer froidement.
Et quand t'as une armée de méchants qui traverse la galaxie pour te coloniser toute une planète d'un coup, avec huit américains pas habitués au terrain mais prêts à crever en martyrs, tu peux fastoche les désorganiser en débranchant la radio - parce qu'ils ont évidemment prévu que tout dépendrait de quelques drones.
Oh, et sous-titres limite niveau babelfish...

lundi 28 mars 2011

Biscuit frais

Cher réseau,

maintenant que j'ai arrêté de tousser la poussière que l'écran m'a soufflée au nez quand j'ai cliqué sur "composer un nouveau message", je vais... ben en composer un, tiens.

Bon, rien de grand et beau, laissons la choucroute aux choucroutistes et les horizons aux calendes.

Simplement, un genre de bonne résolution.

 ...
Ouh, ce mot résolution, ça fait bizarre quand ça fait longtemps. Lui aussi il prenait la poussière.
Résolution. 4 syllabes, 115 points scrabble, un génie, deux associés, une cloche, kamoulox.


Bref, trois bons morceaux d'aujourd'hui :
- j'ai viré un adware qui trainait sur le PC de ma Grande Souris™ depuis des lustres.Venividivici, motherfucker.  Allpedia qu'il s'appelait, le salopiot. C'est vraimen satisfaisant, ce genre de ménage, search and destroy, Iggy and the Stooges represent.
- j'ai partagé ma bonne résolution avec ma Grande Souris™, et j'étais bien content de la pilpoilitude bénéfique de mon idée
- Chronicart' est sorti. C'est toujours des péteux, mais ils font partie des péteux les plus intéressant des kiosques, et j'adowre lire une revue pendant que mes cothurnes s'endorment.

mercredi 20 octobre 2010

Méchamment rêveur

Cet endroit de la lune, ce vent doux partout, cette tendresse constellaire, ces loopings de plume duveteuse, ces espaces minuscules, perchoirs de poussières ensoleillées ...
C'est aussi un ciel d'où je juge et condamne, le camouflage qui me sauve de vos chasses et de vos continuelles brutalités, la tanière où vous ne m'assommez plus de vos mugissements et caquetages, si haut dans les rochers que vos vessies arrivent trop vides pour y compisser vos absurdes territoires.

C'est ce qui me rend humain, étranger, curieux, touriste fasciné et imbécile.

vendredi 15 octobre 2010

Soft spot

Dans la catégorie "émotionnellement j'ai 14 ans" :


Quand je pense à une fille, c'est un peu comme si je m'étais fait une bosse. Une bosse gentille, une bosse qui fait du bien, un peu mal mais pas trop. Ça lancine, ça se rappelle à toi quand tu bouges, tu tâtes pour voir et pour t'étonner. Je suis certainement un peu cabossé, mais j'aime plutôt ça. Peut-être même qu'à un moment, ça me donnera de la classe. 

Faudrait trouver la confiance de donner cette carcasse en fer blanc, même si c'est pas assez précieux, pas un vrai super jouet qu'on garde bien en vue dans sa chambre. Faudrait jouer quand même avec, puisque finalement, c'est solide et que ce qui compte c'est de rire et se faire des passes.

jeudi 7 octobre 2010

Batailles contre ce stupide quotidien

Mes combats dérisoires continuent.
Me faire connaître des Impots, mettre mon appart à sac (déjà que c'est un terrain vague) pour retrouver la paperasse dont ils ont besoin, rembourser mon syndic, faire des compils de dessins animés pour ma fille, trier des livres pour les vendre à Gibert pour pouvoir payer mon amende de bibliothèque, appeler ma grand-mère... 
Les jours sont souvent vides sur ma lune. Mais depuis quelques mois, j'ai repris les armes. J'exagère à peine : pour moi, faire les choses les plus basiques pour pas finir à la rue, ça relève de la guérilla. Celle de la chanson de Goldman, où "les choses ont gagné, c'est leur territoire". Celle de Mon oncle perdu dans la ville. Celle des nerfs d'Adam Sandler dans Punch Drunk Love. 
Je suis un privilégié dans la mesure où je sais que la croix-rouge me trouvera avant les autres si je suis blessé au front. Mais je suis sous les bombes, sinon.

Et bonne nouvelle, je riposte.

dimanche 3 octobre 2010

Offre limitée

Et puis tu sais, j'ai toujours du mal à m'offrir à toi. Avant, c'était aussi parce que je voulais me préserver. Aujourd'hui, c'est que je n'ai rien qui puisse suffire, même pas un temps.
Je sais faire exprès d'être insuffisant. Mais là, je le suis vraiment.

C'est même pas que tu serais trop bien pour moi. Tu pourrais être la plus intelligente, la plus drôle, la plus belle, la plus friquée, la plus moitifiante, je m'en fous... Je me sens régulièrement  snobé par des filles qui en valent mille fois moins la peine que toi.

C'est plutôt que je ne veux pas te mentir.
J'ai pas d'ambitions. Ma piaule ferait honte à un toxico. J'ai pas un rond, et j'en aurai jamais vraiment. J'ai pas de talent. Je suis pas fidèle. Je suis un amant tout juste passable. Je crois sincèrement que l'oeuvre de James Cameron vaut mieux que celle de Chabrol, et qu'une partie de Jeu de Rôle vaut mieux qu'une soirée à l'Opéra.

Tu vois ? Si je te drague pas, c'est un cadeau que je te fais. Et au lieu de maugréer sur les tanches à baskets qui t'injuries quand tu leur donnes pas ton mobile, tu devrais m'offrir le resto juste parce que je ne t'appelle pas.

Je noircis pas le tableau. Aujourd'hui, je suis vraiment comme ça. Si tout va bien, demain, on pourra marcher dans ma chambre sans cuissarde de pêche, j'aurai plus l'impression de m'habiller chez Emmaüs, et je pourrai même t'offrir le théâtre de temps en temps 1 .
De nouveau, ce sera plus par égoïsme que par honte que je ne m'offrirai pas à toi.
Avoue que t'es impatiente.



Note :
1) pour la Science-Fiction, par contre, c'est pas négociable. On ira voir Luchini si tu veux, mais pas un soir de Jeu de Rôle.

vendredi 1 octobre 2010

Même si c'est un mensonge et qu'on a pas une chance

Je me comprend. Je sais où j'en suis, mais ça n'arrange rien.

C'est au moment où on se laisse qu'elles me manquent. Quand on sait pas quand (et parfois si) on va se revoir. Et l'intensité de ce manque là, une fois rentrée en moi, elle dure. Elle m'accompagne plus longtemps que les émotions en présence, que l'incertitude de la séduction, que les meilleurs moments ensemble.

Toujours, et pas seulement après l'amour, il y a un moment où je nous sens en compagnie l'un de l'autre plutôt qu'ensemble, ou mutuellement attirés. Je ne te parle pas de la joie d'aimer et d'être aimé, mais de la présence de l'autre dans notre tête, partout. Cette présence-là dure moins, donc m'influence moins que le manque et l'envie.

Je suis polyamoureux aussi 1 pour ça : l'espoir irrigue ma relation, quand vivre la compagnie banalise mon aimée, la diabolise un peu (je suis un sale misanthrope) et la dévalorise parfois (c'est sans narcissisme : moi-même, je me déçois quotidiennement...  au moins je n'attend pas que l'autre compense en me satisfaisant indéfiniment, ce qui est la forme la plus courante de l'égoïsme amoureux (oui, c'est de vous que je parle (hinhinhin))).

L'envie de celle que je n'ai pas encore séduite, ou que je ne peux pas rejoindre à volonté, c'est une émotion puissante. Un peu trop. Ce n'est pas la solitude ou le célibat - seulement une de leurs composantes. Et ce qui me chagrine c'est que cette émotion existe avant même de connaître une femme. Ce n'est qu'une espérance d'idéal amoureux ou (et) du désir déguisés en manque, pourtant je n'arrive à espérer que celles que j'ai vraiment rencontrées. Je ne peux m'en divertir complètement ni avec mes loisirs, ni avec une autre femme que je rejoindrais demain, ni avec ma main droite.

Mais celle qui me squatte la  tête est trop souvent une femme avec qui ça ne marcherait jamais vraiment. Ou une avec qui je n'ai pas mes chances ! Ou une avec qui ma chance a tourné, passé, fuit, se terre... Ou bien, l'envie pourrait être plus douce que la satisfaction.
De toute façon, cette envie mourra, satisfaite ou non. L'attente a toute chance d'être déçue, et cependant, c'est elle qui guide mes mains vers le clavier du téléphone, vers le code d'entrée de l'immeuble, vers la peau, "j'en dis pas plus, faut bien rester révérencieux" 2 ...

Cette germe de désir pousse à la rencontre, je ne m'en plains pas. L'ennui, quand on aime autant les fleurs des champs que les chênes, c'est qu'on se promène souvent sur des terres dont on nous impose ou retire la propriété trop hâtivement. Et qu'on a parfois du mal à expliquer ce qu'on y fait, quand on sait malheureusement très bien comment on y est arrivé.



Notes :
1) rappel : la première raison étant la sensibilité à la diversité, et l'explication la plus influente, une volonté de sauvegarde de mon cher isolement.
2) Mé oui, c'est Boris Vian...