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mercredi 30 mars 2011

3 bons morceaux :
- fier d'avoir reconnecté l'ordi de Joya. Je suis plus fort que les machines, cette semaine.
- une part d'une délicieuse tarte au chocolat/crème parfum banane/ amandes... Dans un snack dont je dis pas le nom, mais où on peut boire de l'unbuntu cola.
- "Extra-terrestrials, you mean, from Outer-Space ?" "No, I mean Extra-Terrestrials from Canada", dans World invasion, Battle Los Angeles. Et avec Monsieur Furieux, on est arrivé presque premiers, on a eu les place du centre du milieu de la salle, yeah.

En passant, World Invasion :  5/10.
Superbes scènes de bataille, pour une fois la shaky-cam empêche pas de voir quelque chose à l'écran et te fait vraiment rentrer dans l'action. Et malgré un très gros trou dégueulant de pathos à mi-film (entre le moment où ils se réfugient dans un magasin et celui où ils sautent de l'hélico des secours), le réalisateur arrive à t'impliquer, alors que l'empathie pour les personnages est nulle, étant donnée la bêtise scénario.
Ce dernier court presque dans la même catégorie qu'Independance Day... C'était prévisible, d'accord, mais dans ce cas, faut pas casser le rythme, et encore moins ajouter dix tonnes à des clichés, à grands coups de cuivre et de violons....
Les Marines, c'est forcément des gars sympas et sensibles, qui à chaque mort se paient le luxe d'un gros blues oscarisable : pas du tout des gens dont le métier est d'obéir aux ordres et de tuer froidement.
Et quand t'as une armée de méchants qui traverse la galaxie pour te coloniser toute une planète d'un coup, avec huit américains pas habitués au terrain mais prêts à crever en martyrs, tu peux fastoche les désorganiser en débranchant la radio - parce qu'ils ont évidemment prévu que tout dépendrait de quelques drones.
Oh, et sous-titres limite niveau babelfish...

jeudi 2 juillet 2009

Quand t'es dans le désert HD

Déjà, j'avais trouvé ça moche sur l'affiche. Ca me faisait penser au Diamant du nil, et à des tas de films d'aventure, avec un héros en polo qui tient une fille par la main, et derrière, un paysage exotique et un grand méchant.
Ca semblait con, comme affiche, le décor egyptien de Transformers II me paraissait survalorisé par rapport au centre de l'histoire.
Je me trompais.
C'est con, mais ça correspond.

L'Egypte est justement un décor. Les dromadaires et le sable chaud sont en pur carton de studio. C'est une warzone pour de faux.
Ca gêne un peu. L'armée U.S est sur représentée dans le film. Aussi présente que les robots. Des figurants gratuits, comme dans les superproduction en costumes chinoises. Memes moyens, même but. L'armée U.S est aussi balèze que les robots, elle résiste super bien à leurs attaque, et d'ailleurs j'ai eu du mal à distinguer le point de vue des "prédators", les biens rééls avions de repérage sans pilote, du point de vue d'un robot fictif...
Du point de vue du film, c'est normal que les marines se baladent au moyen-orient. Avant ils étaient dans la jungle vietnamienne. Bientôt, ils feront du ski. Il s'agit de sauver le monde des aliens, alors, le pays où on se bagarre, c'est un fond d'écran. Le pentagone doit voir le monde de cette manière.
Et puis il y a ce grain de film très haute définition, qu'il y a déjà dans Black Hawk Down, et dans tous les clips de recrutement pour toutes les armées... Ce grain met extraordinairement bien en valeur les équipement guerriers, tout est si précis.

C'est donc de la propagande militariste, et ça fait pas d'effort pour s'en cacher. Comme on a payé pour le voir, on devrait n'en avoir rien à foutre. Et donc... donner son assentiment à ce contenu (qui ne dit mot consent, qui dit "mais non t'es parano c'est pas la peine de se prendre la tête" veut carrément se faire tout le régiment).
Autrement dit, refuser d'aller voir le film à cause de ça, c'est un droit démocratique, puisque la démocratie c'est cause toujours. Aller le voir et percevoir ça, c'est aussi cause toujours, mais avec panache. Et le panache, c'est français, c'est bon, mangez-en.

Autre remarque : il y a des morts dans le blockbuster de l'été.
C'est des morts de la faute des méchants. Mais on voit des cadavres (pas beaucoup, d'accord). C'est curieux, ça. De Terminator II, où la machine de guerre ultime obéit à la directive infantile "faut pas tuer les innocents même s'ils nous attaquent" jusqu'à Spielberg qui en rééditant E.T remplace numériquement les flingues du FBI par des talkie-walkies, il y a eu 20 bonnes années d'hypocrisie sur la violence des blockbusters... Je ne sais pas trop pourquoi on est en train de passer ce stade.

Enfin, une des multiples incohérences scénaristiques : pendant tout le film, on voit un Decepticon phagocyter un satellite de l'armée, donner les infos secrètes et émettre l'ultimatum alien à toute la planète. Et à la fin... on l'oublie. On en reparle plus (préviens moi si j'ai raté un truc du générique). Donc en théorie, le méchant robot est toujours en train d'émettre la propagande ennemie.
C'est exactement ce que je disais.

(va pas croire que je fais mon malin pour cacher ma honte de consommer. Les armes, les robots qui se tapent dessus, les effets spéciaux qui bouffent le budget scénario, les filles puputes qui se déhanchent même sans bouger, c'est hawsome, ça sent le fanta jusque dans le coeur des pop-corns. Je n'ai aucune honte. Siestacorta sin verguenza. Je cause quand même. Appelle ça réfléchir ou radoter : je peux pas m'en empêcher, voilà tout. Je déteste qu'on crache dans la soupe sans avouer qu'on a bien aimé la boire.)

dimanche 18 janvier 2009

vocabulaire du trentenaire

je viens d'apprendre une expression, qui semble-t'il, recouvre un phénomène :

"panda sex".

Expression d'une écrivain chinoise. Le panda est très sympathique, mais n'a des montées de libido que deux fois par ans. Le reste du temps, ben il fait le malin dans des campagnes de protection de la vie sauvage.

Bref, l'auteur et personnage du roman chinois est atteinte du virus du panda sex.
Coming-out (réchauffé) : moi aussi.

Mauvais médicaments ? Vie affective trop rangée ? Image de soi dévalorisée ? Apnées du sommeil ? (oui parce qu'en plus je ronfle à faire fuir Freddy).
Je sais pas, mais ça commence à faire longtemps que ça dure, malgré les multiples (mais pas si nombreuses) rencontres amoureuses.
Toujours personne pour me proposer les drogues qui me permettraient de mettre la question dans le débarras du Grand Déni.


Sinon, 20cth Century Boys, c'est pas mal, mais ça manque de détails bizarres intrigants, ou d'acidités décapantes. D'une certaine manière, c'est du Moore à la sauce manga, Vendetta + Watchmen, mais ça semble bien édulcoré. Il y a les signes de l'étrange, mais pas l'inquiétude qui devrait les accompagner.
L'esthétique neutre n'y est pas pour rien.
Encore que je me demande, en comparant avec les films de Nakata et de Kurosawa (le vivant, hein), si au japon cette neutralité statique est pas en soi un peu inquiétante, en comparant à l'envers hystérique d'une autre partie de leur production (les autres adaptations de mangas, Miike, leurs pubs hallucinantes...).
Enfin je crois pas que cette neutralité ait tant de valeur, puisqu'elle ne touche pas à la sobriété qui rend les émotions plus prenantes, comme justement chez Nakata.

mardi 13 janvier 2009

Non, non, rien.

Vu : Le bon, la brute et le cinglé, de Kim Wee Soon. Ou Lee Wang Chi. Ou Muzaito Ko. Non, j'irai pas vérifier sur google, trop facile.
(Edit : pas pu m'en empêcher, c'est Kim-Jee Woon)

Western Coréen. Même réalisateur que bittersweet life. Largement au dessus de la moyenne des films d'action, disons même, c'est exactement ce qu'on attend d'un film d'action (avec accents comiques), en mieux.
Série de clins d'oeils à Leone et à Corbuccci, mais sans le côté "Shrek" : c'est pas un collage mais de la fusion. Plutôt la méthode Tarantino, quoi. D'autant que le dernier gunfight (que je me serai bien revu) est aussi sur "Dont let me be misunderstood", pour les connaisseurs.

Fusion réussie d'éléments bien disparates. En même temps, c'est sans doute plus facile de jouer avec les codes ciné et historiques quand on est pas du tout concerné. Je veux dire, c'est l'effet chevaliers du zodiaque. Les japonais se foutent un peu beaucoup que le zodiaque et le panthéon, c'est pas le même trip. Ils fusinnent, ça fait joli, hop.
En l'occurence, le réalisateur est plus sincère, hein.

Réalisation virtuose, on commence presque à s'habituer à ce que dans les centres de procuction ciné asiatiques, le niveau moyen , c'est déjà du Fincher ou du Mac Tiernan correct...

Classe ultime du personnage du personnage de "la brute". Souvent, j'aime pas les acteurs asiatiques en costard. Je vois le côté salary man, le côté "le lycée c'est le hall de l'entreprise, faut juste changer d'uniforme". Renforcé par la physiologie crevette. Bref. Bon ben pas là. La Brute on dirait Jack Sparrow en Armani, et sans côté "bon filou". Juste psychopathe.
Le Bon est sans saveur. J'admet que je ne sais pas comment il aurai fallu faire.
Le cinglé, c'est la grosse bouille qui joue dans "The Host", un Sancho Pança mâtiné Terence Hill.

Je vous ai dit que j'ai adoré ?


(re)lu : Nostalgie de la magie noire, de Vincent Ravalec.
Ravalec me passionne toujours autant. Alors quand il s'amuse à faire du post-apocalyptique, je vois plus trop quoi lui refuser. Même si parfois je me dis que le coup du je vis un délire mais réel mais délire et hop je confuse et je t'embrouille, c'est un peu facile, on s'en fout : tout son talent est dans l'invocation, le discours de transe, un peu comme une intégration à la fiction classique du flux de conscience en utilisant le déballage "ahuri" à la Kérouac.
Et puis il est toujours imparable en images fortes : paris sous les eaux avec des bestioles infernales, Chambord en squatt de Toxicos moyennageux, la magie dans l'art...
Pfff, je regrette de n'en faire qu'une lecture superficielle. Je le rerelirai, tiens.

lu : Monstres Invisibles, de ChuckPalanhiuk.
Je commence à bien connaître ses trucs, à lui aussi. Du coup, le fond "le trash, c'est la vie quotidienne aux U.S", à l'usage, finit presque par réduire la puissance de pertinence de l'auteur. Et puis j'en ai aussi un peu marre de sa manie du twist.
Je dis ça, mais c'est un de mes auteurs favoris, je le lirai encore longtemps... J'aimerai quand même bien que ses derniers romans renouvellent la formule. PAs encore trouvé en occase, ça patientera.

mercredi 26 novembre 2008

Le jour le plus long (prétérition)

Je ne saurais pas bien résumer que :

- au bout de deux jour d'essais, je me suis fait balancer de mon nouveau boulot. Motifs : le courant ne passait pas avec mes collèguEs, et je ne suis pas l'administratif efficace qu'on espérait. La décision est injuste mais pas injustifiée. Grosses larmes dans le bureau d'un patron, deuxième fois cette année, faudrait pas que ça devienne une habitude (ou alors j'inaugure un nouveau genre de contestation sociale)

- c'est bon de savoir que je me trompe pas sur les gens. Je suis un inconstant notoire - un discontinu - mais constater que les gens auxquels j'ai cru me rendent la loyauté et l'affection que je leur porte, malgré ma lenteur de décantation... C'est bon. Heureux donc de revoir une ex, une amie de longue date, après un gros silence.

- Le nouveau spectacle de Vaquette se joue jusque samedi 29 à la miroiterie (ménilmontant), et il massacre sa race (d'ailleurs ça s'appelle Crevez tous). J'attendais beaucoup et craignais d'être déçu : non, l'Indispensable est meilleur sur scène que jamais, son texte un stimulant concentré, une série ininterrompue d'uppercuts et d'inventions. J'y retourne sans doute samedi, d'ailleurs.

jeudi 26 juin 2008

Le camp des méchants

Journal

Ca va ça vient... Je réponds sans conviction à un nombre réduit d'annonces, j'ai la plupart du temps pas envie de me remettre au turbin. Comme j'ai un moral plutôt bas, je m'emmerde, et ne profite même pas de mon temps libre. Le chômage blues normal, quoi.


Drift-Raff

Tu connais la Nouvelle Droite ?

C'est un groupe ou mouvement intellectuel. Ca doit peser à peu près pareil que Socialisme ou barbarie à gauche.
J'ai découvert ça dans la revue Elements, elle même issue de l'association GRECE.

Tout ce petit monde a un passé pas éloigné de l'extrême droite, et certaines idées sulfureuses, comme l'ethno-différencialisme font sortir les dents des gens du camp des gentils.
Mais voilà. La Nouvelle Droite serait aussi anticapitaliste, antiraciste, anticatho... De fait, droite, gauche et médias consensuels les détestent équitablement.
Il s'agit plutôt d'une boîte à d'idées dé-labellisées, dont Alain De Benoist serait le mécano principal.
On trouve un goût un peu conservateur pour l'histoire, des appels du pieds vers la gauche altermondialiste, des références un peu rosicruciennes, et surtout, de la bonne culture bien consistante comme on en trouve plus hors des revues destinées aux enseignants-chercheurs.

Aveu : je suis séduit par ces travaux.
Ces idées sont lyriques... Et ça manque tellement. Ce n'est pas un hasard si dans le passé tourmenté de la Nouvelle Droite on croise le réalisme fantastique de Pauwels, et autant de questionnements sur le religieux. Mon moulin à moudre le paranormal et le plus grand que nature y trouve du grain.
Ca c'est la raison "honteuse".

La raison présentable, c'est que ce corpus d'idées bouillonne plus que le plat pays de l'égalitarisme. Et qu'il a 100 bornes d'avance sur les idées politiques débattues ordinairement. Voilà pourquoi je préfèrerai toujours cent fois lire Dantec ou Vaquette à Val ou Onfray (tous référents plus classiquement gauchisss). Même si en pratique, je vis plus proche des médiocre seconds, l'emballement violent des premiers me stimule bien autrement.
Pour moi, la Nouvelle Droite, c'est plus intéressant à écouter que les discours ordinaires du camp des gentils. Je serai ravi de trouver un équivalent de mon côté : ce qui se publie à gauche est déprimant, castrateur, catéchisant, ou d'un républicanisme dont l'idéalisme dissimule mal un élitisme réactionnaire simpliste.

vendredi 6 juin 2008

La Raison dans le coltard

26/05/08


Cher Ray Zo,



Journal :


Allez, du courage, c'est la dernière semaine, me dis-je, constatant que mes yeux se ferment tout seuls. Pas par ma fatigue de déconfit d'entreprise, mais parce que j'ai manqué ma nuit. Panne de Stilnox. Tentative avortée de compenser avec un grand lait-sirop de canne-vodka. He ben j'aime ça, ça m'a certainement enivré, mais pas endormi. Juste quelques suées bien huileuses. Les comprimés d'Euphytose combinés m'ont tranquillisé, et si c'est du placebo tant mieux, mais pas plus plongé dans le sommeil. Et chez moi, quatre heures de sommeil, c'est loin du compte.

Penser à me racheter des liqueurs, du porto, pour moi ça marche bien comme somnoliphère.

Penser à essayer d'ajouter le pisse-mémé que j'ai acheté pour k-puchett, en cas de nouvelle panne.


Toujours est-il que là, je rame. Il doit y avoir une épaisseur de la peau qui doit ne servir qu'à transmettre l'état de fatigue. Actuellement, j'y éprouve une sensation de fièvre, de chiffonnement et de sensibilité. Pas la gueule de bois, d'abord parce que je n'ai pas assez bu, et puis j'ai aucun malaise réel. Ce qui est une bonne nouvelle.

J'envie les gens à qui l'état de fatigue apporte systématiquement une motivation/satisfaction narcissique, lutter contre la difficulté, les héros du quotidien. Pour moi ça marche rarement.


Drift-raff :


Si la terre était plate, les américains ne seraient pas là pour nous parler de créationnisme.

En fait, comme toujours lorsque la religion se met à essayer de parler le langage de la raison, il y a le moment rigolo où la Foi et le bon sens se contredisent.


On peut admettre par tolérance ou comme ici par jeu que la théorie de l'évolution est une théorie valide, et que quelque chose (Dieu, mais comme la théorie créationniste se la joue neutre et pas téléguidée par l'Ancien Testament, elle admet que ça pourrait être aussi le Grand Cthulhu ou le Plat de Spaghetti Intelligent Intergalactique) serait intervenu pour que notre monde ne soit pas un tas de cailloux, et pour que l'homme soit fabriqué tel quel, sans ancêtre moins sapiens que lui. Une fois ce petit exercice mental effectué - c'est pas facile quand on a été endoctriné dès l'enfance dans l'idée de l'évolution des espèce et de la pertinence de l'archéologie - enchaînons.


La Terre et ronde et tourne autour du Soleil. Que je sache, ceci n'est pas remis en cause par le créationnisme. D'ailleurs si la planète était plate, les marins n'auraient pas pu situer le nouveau continent sur la carte. Ils auraient fini par tomber dans le vide avant d'avoir pu annoncer aux empires européens qu'il y avait de la place, à l'Ouest, jeune homme. On arrive finalement à admettre que l'immense (et peut-être infini, dis) Univers existe aussi.


Pourquoi avoir laissé en friche tant de galaxies pour ne finalement s'occuper que de notre petit caillou ? Une hypothèse scientifique ne tient que si on peut lui donner du grain à moudre, pas si elle décrit juste une exception aux autres lois scientifiques. Quel intérêt que l'homme soit le produit d'un projet divin (ou d'un autre intelligent design) si il est prouvé par ailleurs qu'il est loin d'en être le centre, physiquement ou métaphysiquement ? C'est-à-dire que ça lui fait un créateur pas très ambitieux, non ?


J'ai rien contre l'idée d'un grand horloger, "un truc par delà le machin" qui aurait établi quelques lois physiques et puis laissé faire, parce que pour lui l'univers serait une fonction naturelle. Sans que ça ait de conséquences tordues en matière de prédestination ou de sens. Mais dès que ça remonte à des décisions "volontaires" du créateur, des décisions qu'on puisse raconter, qui impliqueraient une personne divine, on ne peut que chercher à comprendre.


En lecture :

Perdido Street Station 2 de China Miéville. Roman mélange : de la SF steampunk (et pour une fois bien plus punk que steam, l'auteur adore le crapoteux) et de la fantasy (plein de races humanoïdes, de la magie ajoutée à la science). Et je m'aperçois qu'il y a probablement une lecture mythique. Il y a des gorgones, mais aussi beaucoup de chimères (le commanditaire de la peinture, dont les cornes et le sabot peuvent rappeler le minotaure), un oiseau-homme (Icare inversé), une cité labyrinthique… Des mythèmes à profusion, voilà.
Et comme dans tout récit d'imaginaire ambitieux, tout n'est pas expliqué, il y a de la place pour rêver.



Tu peux toujours dire que je suis un rêveur. Mais je ne suis pas le seul.

Des labys rations.

26/05/08


Cher Ray Zo,


Journal :


Cette nuit, comme plusieurs fois auparavant, j'ai fait un rêve sur un livre de réponses ultimes, d'initiation (l'origine éveillée de ce rêve doit être la lecture de Jonathan Strange et Mr Norell, empli de références à des livres fictifs et de descriptions d'un monde féerique parallèle).
Il s'agirait d'un livre d'un auteur ésotérique "oublié" sauf par quelques enthousiastes, dont un autre auteur aurait fait une vulgarisation. Le livre ne serait plus édité aujourd'hui, mais encore trouvable. Soit je le cherche dans mon rêve, soit on m'en parle, soit j'y pense. Dans le temps du rêve, j'ai le nom de l'auteur ou le titre de son livre sur les lèvres. Il y a toujours aussi dans ces rêves un thème du labyrinthe, des portes à choisir, des couloirs, et une séduisante ambiance de mystère. Ce que j'aime, dans ce genre d'ambiance, c'est l'idée qu'on puisse lire des détails dans le monde banal, indications et possibilités cachées pour entrer dans un monde plus aventureux. Un mélange de dimension parallèle, de fantasy et d'underground.


Pendant ces rêves, je suis croyant. Le jour, j'ai une nature immédiatement crédule, compensée par une réactivité faible et un sens critique assez alerte. Je pourrai croire quelqu'un qui me baratine d'une façon cultivée et habile sur des thèmes comme l'amélioration de l'âme, les pouvoirs mal connus de l'esprit, tout ça. Mais comme je suis lent, le temps que les outils de persuasion soient mis en marche, j'ai vu les défauts du système, les zones floues, les réutilisations maquillées d'éléments mystiques connus… Bref, jusqu'ici, je ne me suis jamais fait pigeonner.


Ces rêves synthétisent une partie de mes goûts, de mes espoirs. Il demeure une envie qu'une démarche mystique aboutisse, qu'on puisse avoir sur soi-même un contrôle magique, genre yogi ou chamane. Les idées de Ravalec et de Colin Wilson me plaisent particulièrement car elles sont rattachées à l'art, à la créativité. Dans ce genre de thèmes, je suis aussi tenté par la prise de psychédéliques, la méditation transcendantale, la sophrologie et le rêve lucide.

Ca vient sûrement d'une forme d'esprit chaotique, rêveuse. L'impression que les fragments d'étrangeté qui emplissent mon esprit, mes associations d'idées digressives, mon goût pour les détails hors-norme, devraient aboutir, si ce n'est à quelque chose de cohérent, au moins à quelque chose d'épanouissant en moi. Un rapport personnel à l'univers, ça aurait son petit charme.



En lecture :

Jonathan Strange et Mr Norell : un aspect intéressant des longs romans et des sagas, c'est de voir aller et venir des personnages à l'intérieur du récit. Ils sortent de la sphère de vigilance du lecteur, pour remonter à la surface des pages au moment propice. C'est un des effets qui peuvent donner du vivant au livre, comme si ces personnages étaient libres de leurs mouvements et pas engagés sur les rails de la narration, alors même que l'auteur a justement exercé un grand contrôle sur elle.



Tu peux toujours dire que je suis un rêveur. Mais je ne suis pas le seul.