mardi 20 mai 2008

Dérangements

Cher Ray Zo,




Journal :


Le séjour de ma famille chez moi me fatigue… Je ne peux pas me détendre tout à fait en rentrant le soir, et les journées démarrent dans le bruit et les sollicitations.

Ce n'est qu'une vie sociale normale, il y a des tas de gens qui vivent bien comme ça, d'autres qui ne peuvent pas faire autrement.

Le savoir ne me soulage en rien.

Je vis heureux quand se suivent plusieurs jours où je suis seul dans ma caverne d'ours. La présence prolongée d'autres personnes dans mon environnement proche constitue autant de voiles opaques qui m'aveuglent et me pèsent au fur et à mesure qu'ils se superposent sur moi.

Ca me fait une tête de revenant, je n'arrive plus à penser clairement, et ma tendance naturelle à la mélancolie devient mon trait de caractère principal. Je n'arrive pas à maintenir le contact avec mes amis, même quand je pourrai me créer des occasions. Tout devient difficile ou impossible. Conserver mon égalité d'humeur mobilise toute mon énergie, et j'en ai aussi peu qu'une pile de walkman.


Parmi les détails qui rendent la vie plus difficile, il y a la "privation" de DVD. Ma grand-mère dort dans le salon, l'écran qui s'y trouve également et m'apporte le reste du temps de nombreuses satisfactions m'est donc inaccessible. Mon horizon mental se limite à mon oreiller, comme à chaque fois que je n'aie pas envie de vivre quelque chose.

Mon oreiller, qu'il m'engloutisse jusqu'à ce que la paix soit redescendue chez moi !


Drift-raff :


Je laisse la parole à l'intégriste tordu qui réside dans un coin mal balayé de mon crâne, et exerce sur moi des influences dont je me passerais bien.


Il y a une manière coquine de parler et d'aborder le sexe. Une façon de rire des mots ou des actes sexuels que l'on est en train de commettre, comme s'ils étaient une réjouissance transgressive. Comme s'il était taquin de jouer sur la sexualité. Je ne trouve pas ça du tout drôle, moi. C'est quand même une des choses les plus communes au monde.

Je trouve ces rires un peu idiots. Comme une persistance d'âge bête.

Je n'apprécie pas plus les grands éclats de rire, les fous rires et les amants qui jouent à se poursuivre. Ou à s'éclabousser quand ils sont nus dans l'eau. On voit parfois ce genre de scène au cinéma. Sans doute plus souvent que dans la vie, mais là n'est pas la question.

Qu'est ce que c'est que ce chahut de gamins ? Ca gâche la beauté du sexe et des gens, voilà ce que ça fait. Pourquoi pas se maquiller en clowns pour faire l'amour, aussi.

La gaudriole est une dégradation de l'humanité. Qu'on emmène tous ces petits ricaneurs au goulag.


Voilà, merci à mon petit tyran intérieur pour sa participation.



Tu peux toujours dire que je suis un rêveur. Mais je ne suis pas le seul.


2 commentaires:

Marie-Georges Profonde a dit…

De la manière de parler de sexe, si je peux me permettre d'ajouter ma pierre ici... Je dirais que c'est comme l'aikido, le théâtre ou toute autre activité mettant en jeu le corps et le mental : en parler moins qu'on ne la pratique me paraît une voie opportune. D'ailleurs je trouve difficile d'écrire sur le sujet. C'est peut-être que c'est pas un sujet. Ca me donne une idée d'article, tiens. Merci ! Et bonjour au dictateur tapi dans l'ombre de ton crâne.

Juan Selenita de Siestacorta a dit…

Bonjour marie-georges, répondrons-nous de concert.

Et justement, j'en parle parce que ma pratique ne me satisfait pas ;-)